DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 7 63principaux consiste à introduire l’eau d’injection dans le cy-lindre. Un Anglois , appelé M. James Watt, un des plus habilesmécaniciens qui existent actuellement, imagina vers 1770, unemachine qui est exempte d’une grande partie des défauts desprécédentes , elle a entr'autres avantages celui d’opérer la con-densation hors du cylindre. Elle a été apportée d’Angleterreen France par M.M. Perrier, à qui Watt communiqua sa mé-thode et son privilège, et ilsl’ontfait exécuter à Chaillot,en 1781.On en trouve la description dansl’ Hydrodynamique de Bossut ,ainsi que dans XArchitecture Hydraulique de Prony. En 1786on en l’ait une seconde , et elles amènent de l’eau dans plu-sieurs quartiers de Paris; mais en 1788 , le chevalier de Bé-tancourt qui étoit chargé par la Cour d’Espagne de faire unecollection de recherches et de modèles de machines, étant alléà Londres visiter les machines à feu de M.M. Watt et Bolton ,il vit le jeu extérieur de ses machines; on lui en cacha le mé-canisme intérieur ; et on se contenta de lui dire que le méca-canisme avoit plus de perfection que celui des autres machines ;niais M. de Betancourt vit qu’on avoit supprimé les chaînesqu’on étoit dans l’usage de mettre aux extrémités du balancier,et qui tiennent suspendues tant la tige du piston du cylindre
3 ue celle du piston de la pompe qui monte l’eau; ainsi le pistonu cylindre et la barre destinée à produire Je mouvement derotation étoient tirés et poussésavec la même force, étant d’ailleursassujétis à se mouvoir verticalement. Il fit plusieurs autres ob-servations dont on doit lui savoir d’autant plus de gré, que ces ob-servations sont difficiles à faire , lorsqu’on n’a que peu de tempspour examiner une machine masquée par les distributions d’un,bâtiment qui en isolent les différentes parties, même extérieures,et empêchent qu’on ne puisse en saisir la correspondance , l’en-semble et l’effet général. Il conclut néanmoins de ses observa-tions que le piston du cylindre devoit être poussé avec le mêmeeffort soit dans sa descente, soit dans sa montée ; et ce résultatlui fit découvrir le double effet qui constitue essentiellement lanouvelle perfection ajoutée aux machines à feu par Watt.
M. de Betancourt, de retour à Paris, fit exécuter un modèlede machine à feu à double effet sur l’échelle d’un pouce pourpied. Les expériences faites avec ce modèle eurent tout le succèsqu’on peut désirer, et ont été vues avec le plus grand intérêtpar les savans de la capitale. Le mécanisme intérieur au moyenduquel la double injection s’opère, est entièrement de l’inven-tion de M. de Betancourt, et quoi qu’il ignore si ses procédéssont les mêmes que ceux de M.M. Watt et Bolton , v£t le secretque lui ont fait ces derniers , il a tout lieu de croire que lesartistes anglois n’ont pas atteint un plus grand degré de pré-
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