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trent seulement dans cette contrée. Malheureusement, le terrain silurien qui, par l’abondance relativede ses fossiles, et par ses caractères lithologiques spéciaux, est le plus facile à reconnaître, et qui, parce motif, servirait mieux de base ou horizon de référence pour faire la classification exacte des autresformations, ne se montre que dans un seul point de cette province, et avec de tels caractères et dansde telles conditions qu’il ne peut prêter, pour ainsi dire, qu’un faible secours dans cette étude.
C’est dans la serra (chaîne) de Portalegre , tout près de la limite septentrionale de la province del’Alemtejo, dont le massif principal appartient, à ce qu’il nous semble, à la formation cambrienne, qu’on adécouvert, près de la frontière, quelques schistes portant des empreintes et des moules très déformés defossiles, spécialement de Brachiopodes , caractéristiques du dévonien inférieur, tous ou presque tous setrouvant dans les listes de fossiles du terrain dévonien de l’Espagne dressées par de M. Yerneuil l .
Au nombre des espèces recueillies dans ces schistes 2 nous devons surtout nommer quelques restesdeTrilobites parmi lesquels nous avons pu déterminer: Phacops lalifrons Bronn, et deux espèces de Dal-manües au pigidium orné de pointes, l’une étant très vraisemblablement D. sublaciniata de Yern. ; de dif-férentes espèces de Spirifères à grandes ailes parmi lesquelles S. speciosus Schloth., la forme la plusabondante du dépôt, et d’autres espèces de Brachiopodes , savoir: Strophomena Phillipsi Barr., etS. depressa Sow., lesquelles ne nous ont laissé aucun doute sur leur détermination, Leptœna Murchisonid’Arch. et de Vern., et très probablement L. Sedgwicki, id. La roche renfermant ces fossiles estun schiste argileux très fin, grisâtre, avec de grandes taches rougeâtres (la couleur usuelle du sol à lasurface) montrant des pailletés fort rares et très minces de mica; le test en ayant été détruit et rem-placé par une poussière ocreuse jaunâtre (fer argileux hydroxidé), qui remplit en partie les cavités queles fossiles ont laissées. Une altération semblable, d’après MM. Sandberger, offrent les fossiles de cetteformation (Spirifersandstein) dans le duché de Nassau , où il n’est pas rare de rencontrer ces coquillesremplacées par une ocre brunâtre remplissant l’espace entre le moule intérieur et l’empreinte extérieure,ce qui doit être probablement le résultat de l’altération du fer spalhique, comme on peut observerailleurs 3 .
Ces schistes forment une étroite bande de 800 mètres de largeur tout au plus, suivant le fond d’unevallée dans l’étendue de 15kilomètres environ, depuis la frontière au sud-est jusqu’à S.-Salvador-d’Ara-menha au nord-ouest, toujours dans la direction N. 50° 0. Cependant on ne rencontre des fossiles qu’en derares endroits, spécialement dans la paroisse de S. Juliâo, où ils occupent un espace très restreint, ren-fermés qu’ils sont dans un strate de quelques décimètres d’épaisseur, hors duquel ils manquent abso-lument. La largeur de la bande a donc été déterminée seulement par les caractères lithologiques descouches.
Parallèlement à cette bande dévonienne, et à la distance de 3 kilomètres à peu près vers l’est,allant pénétrer également dans l’intérieur de l’Espagne , on voit se dresser une puissante crête dequartzite, formant la colline d’Esparoeiras, sur la frontière, et se terminant abruptement du côté dunord-ouest; vers le sud-est elle se prolonge sur une large étendue, et domine la peuplade espagnolede Pino, qui appartient à la province limitrophe de Câceres .
Nous ignorons la longueur précise de cette chaîne de quartzite, mais nous avons pu en déter-miner les rapports avec les roches contiguës, et reconnaître qu’elle est tout-à-fait analogue à d’autresaffleurements de roches semblables observés au nord-ouest de Portalegre , et qu’on voit avec plus de dé-veloppement dans la Beira-Baixa et Tras-os-Montes , renfermant aussi une grande abondance de Bilobites,
1 Bull. Soc. Géol. de France . 2° série, t. vu, p. 159, et t. xn, p. 1015.
2 II nous est impossible de présenter la liste complète des espèces trouvées dans ces strates, parce que lesfossiles recueillis en 1868, et qui ont servi de base à notre classification, à la suite d’une réforme temporairedans les services géologiques, ont été transportés à l’École Polytechnique . Ceux-ci, de même que les importantescollections acquises par la Commission Géologique, à présent dissoute, pour la coordination de la carte géologiquedu royaume, n’ont pas encore été rendus à la Section Géologique, maintenant chargée de ces travaux.
3 Die Versteinerungen des Rheinischen Schichtensystems in Nassau, p. 467.
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