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des fossiles qui dans le Portugal caractérisent la phase initiale de la faune seconde silurienne, ou peut-être le toit de la faune primordiale *.
Nous nous abstiendrons pour le moment de décrire ces différents lambeaux de quartzites, cequi nous écarterait beaucoup de notre sujet; cependant nous dirons encore que la colline pittoresqued’une forme assez allongée, sur laquelle la petite ville et la forteresse de Marvâo ont été bâties, estconstituée aussi par une puissante masse de quartzites siluriennes à Bilobites, atteignant dans le pro-longement d’Esparoeiras l’altitude de 862 mètres; et que vis-à-vis, écartée de 3300 mètres vers le cou-chant, il y a une troisième crête plus étendue, laquelle, prenant naissance à Castello de Vide et se diri-geant de même vers le S. 50° E. surmonte le flanc gauche de la vallée de l’Escusa allant se heurter pres-que de tête contre la bande dévonienne, dont elle semble former le prolongement septentrional.
Ces faits servent à nous démontrer que dans la serra de Portalegre aussi bien qu’en tout au-tre endroit dans notre pays où existe le terrain silurien inférieur, il forme divers îlots, indépendants en-tre eux, occupant le plus souvent les points culminants du sol, les chaînes qu’il constitue ayant la même di-rection des couches. Ils prouvent en même temps que la position actuelle, et les circonstances spéciales oùces îlots se présentent, sont à la fois le résultat de grands mouvements du sol, qui ont brisé les couches àune époque très reculée, et des courants énergiques de dénudation, qui les ont séparées en masses,distinctes, le tout combiné avec l’action des soulèvements postérieurs.
A 1800 mètres à peu près vers l'ouest de la bande dévonienne, et par conséquent tout-à-fait indé-pendante de celle-ci et des divers lambeaux siluriens que nous venons d’indiquer, on voit dans la posi-tion la plus anormale, et au milieu même de cette formation schisteuse où ils sont compris, une toutepetite masse de schistes ampéliteux dans laquelle on a rencontré des impressions très imparfaites deGraptolites (genre Monograpsus ), et quelques moules de bivalves, très déformés et indéterminés aussi.
Ces fossiles, et peut-être la roche même qui les renferme, caractérisent dans notre pays les assisesculminantes du silurien, c’est-à-dire l’étage supérieur de ce terrain, qui dans le Portugal a toujours un dé-veloppement peu considérable, se montrant dans cette localité vraiment rudimentaire. L’ampélite forme unemasse lenticulaire de 200 mètres de longueur environ, et d’un peu plus de 10 mètres de largeur. Mais,ce qu’il y a ici de plus extraordinaire, et qui prouve bien que cette roche s’y montre interposée dansun pli des couches sur lesquelles elle reposait en stratification discordante, comme les schistes dévo-
1 Quoique M. de Verneuil (Description des fossiles d’Almaden etc. Bull., Soc. Gêol . de France , 2 e série,t. xu, 1853, p. 1020) ait dit que ces fossiles abondent en Espagne aussi bien qu’en France , dans des grès analo-gues à ceux de Caradoc, marquant ainsi la partie culminante du silurien inférieur, ou peut-être même la base dusilurien supérieur; ce que nous pouvons affirmer c’est qu’à Yallongo, dans le Bussaco, dans la serra deMonfortinho,à Villa-Velha-de-Rodam, bref, dans tous les points où nous avons vu ces quartzites associées avec les schistes àTrilobites de la faune seconde, on les voit toujours au-dessous des plus anciennes de ces dernières roches, ce quenous démontrerons ailleurs; et dans l’Espagne même, d’après les renseignements qu’en 1872 nous ont été donnésde vive voix par l’habile géologue, qui nous honore de son amitié, M. Felipe Donaire, ces roches occupent la mêmeposition par rapport aux schistes à Paradoxides de l’Aragon, formant le toit de la série, ou bien, le groupe de tran-sition entre les schistes de la faune primordiale et ceux de la faune seconde.
M. Donaire a eu l’extrême obligeance de nous montrer les exemplaires de Bilobites qu’il avait recueillispendant son voyage de reconnaissance dans la province de Saragosse , et en les voyant nous fûmes convaincu queles espèces étaient probablement les mêmes qu’on trouve dans le Portugal , et que le caractère des roches qui lesrenferment était identique dans les deux pays, jusqu’au point qu'il nous serait impossible de séparer quelques-uns de nos exemplaires de ceux de l’Espagne , si, par hasard, ils se trouvaient confondus.
Conjointement avec plusieurs espèces de Bilobites on rencontre dans le Portugal aussi bien qu’en Espagne une espèce de Scolithus, que nous croyons être S. linearis Haldeman, espèce que l’on trouve dans les roches cam-briennes de la Suède , et siluriennes d’autres régions.
Cette opinion, que nous avançons concernant l’âge do nos quartzites à Bilobites, laquelle est l’expressionfidèle des faits que nous avons observés, a déjà été d’ailleurs soutenue par M. Dalimier dans son excellent mé-moire sur les terrains paléozoïques de la Bretagne . (Bull. Soc. Géol. de France , 2° série, t. xx, 1862, p. 148.)