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Tome I.
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CONSIDERATIONS GÉNÉRALES.

oui fait naître. Cent ouvrages plus ou moins importants ont contribué àmûrir les idées du public; mais le public a réagi bien plus fortement en-core sur les écrivains. Les écrits de ceux d’entre eux qui auront le mieuxprofilé d’un spectacle si imposant, subsisteront pour l’instruction de nosneveux. Les autres tomberont dans l’oubli. La postérité en fera le départ.

Toutes les sciences et tous les arts ont des rapports intimes avec l’éco-nomie des sociétés; mais l’histoire de leurs procédés demande des ou-vrages spéciaux et des détails dans lesquels je n’ai pas dû entrer. L'agri-culture, par exemple, ses progrès, l’état où elle a été portée, et ce qu’ellepeut devenir, donnent lieu à des considérations du plus haut intérêt, re-lativement à la condition des peuples. Cependant, si l’auteur d’une éco-nomie générale développait les progrès de cet art depuis les temps anciensjusqu’au nôtre; s’il décrivait les procédés agricoles usités dans les diffé-rentes parties de la terre, leurs défauts elles perfectionnements dont ilssont susceptibles; s’il racontait les conquêtes végétales dont chaque con-trée s’est enrichie, sans appauvrir les autres; s’il se livrait en un mol àtoutes les considérations intéressantes dont l’agriculture peut être l’objet,cet auteur produirait un ouvrage immense, qui, en le supposant bon, dé-truirait une foule d’idées fausses et répandrait un fort grand nombre deprocédés utiles, mais dont les lecteurs perdraient absolument de vue laliaison qui rattache les succès de l’agriculture à la prospérité des sociétéshumaines.

Une grande partie de la richesse publique est fondée sur les arts mé-caniques; le charron, en façonnant ses roues, concourt à l’aisance de sonpays : l’économiste doit en dire la raison ; mais il n’est pas tenu d’ensei-gner les procédés qu’il convient de suivre pour obtenir une roue bien faite ;il doit donner les directions générales qui sont propres-à assurer les suc-cès de toute espèce d’industrie, quelle qu’elle soit ; mais c’cst à la techno-logie de chaque art en particulier, à montrer quels sont les meilleursprocédés d’exécution. J’en ai déjà fait l’observation, et j’ai dû m’y con-former.

Nul ouvrage n’est moins utile qu’un livre qu’on ne lit pas ; et un livred’économie politique serait lu de peu de personnes, s’il excédait la mesuredu temps et de la dépense dont la généralité des lecteurs consent à fairele sacrifice pour connaître les ressorts de la société. Un cours completn’est donc pas celui qui contient tout ce qu’on peut dire sur une science :l’entreprise serait téméraire, et l’exécution impossible. J’entends par uncours complet, celui qui ne laisse sans explication aucun des phénomènes