CONSIDERATIONS GENERALES.
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que nous sommes capables d’expliquer dans l’état actuel de nos connais-sances. Cette explication doit s’y trouver directement ou indirectement;elle doit être exprimée ou se déduire facilement des principes qui s’ytrouvent développés. Il faut qu’en y donnant une dose d’attention suffi-sante, un auteur, un professeur qui le prennent pour guide, puissent ytrouver la base de tous les développements qu’ils jugent à propos, selonles circonstances, de donner à certaines parties entre autres de leur tra-vail. L’économiste n’est point tenu de donner l’histoire des diverses insti-tutions qui se sont succédé sur la surface de la terre. Elles ne sont à sesyeux que des accidents qui l’aident à faire connaître la nature des choseset les conséquences qu’on en peut tirer; mais la totalité des faits, et sur-tout la description hypothétique des faits tels qu'ils ont dû se passer, 11eseraient qu’un encombrement dans un exposé de lois naturelles et incon-testables. Il suffit à l’économiste de s’appuyer sur les faits qui prouventquelque chose. De meme que le naturaliste qui expose les lois du mondephysique en s’interdisant les conjectures sur l’origine et la formation desêtres naturels, il expose les lois dont 11e peuvent s’affranchir les sociétés,sans approfondir ce qui échappe à nos moyens de savoir.
Je n’ai donc pas dû examiner si les peuples ont dû être pasteurs avantd’être cultivateurs, et chasseurs avant d’ctre pasteurs. Il en est de ces spé-culations comme de la question de savoir si les sciences sont originaire-ment descendues du plateau de la Tartarie, ou bien quels cataclysmes ontchangé plusieurs fois la superficie de notre globe. Ces questions sont at-trayantes et ont même plusieurs fois tourmenté ma curiosité ; maisjce qui fdoit nous occuper avant tout, nous autres pauvres humains, si malheureux jpar notre faute, c’est de savoir jusqu’à quel point nous pouvons influer sur Jnos destinées; et, quelle que soi(,notre condition, comment nous pouvons Jla rendre plus parfaite ou moins misérable.^Aussi ce cours est-il essen- 1bellement pratique et applicable. Je n’y discute les points de doctrinequ’aulant qu’il est nécessaire pour en comprendre les applications et lierensemble les vérités de fait. Pour cela, il fallait considérer la société danscet état plus ou moins avancé de civilisation, où l’agriculture, l’industrie,le commerce et les arts se combinent de mille manières pour nous fairejouir de leurs bienfaits, et quelquefois aussi nous exposer à des dangersqu’il est bon de prévenir; il fallait observer la société dans cet état inter-médiaire entre la barbarie et la civilisation complète, où nous en voyonsassez pour recueillir les fruits de l’expérience, mais où nous ne sommespas assez avancés pour que nous n’ayons aucun progrès à espérer. C’est