PREMIÈRE PARTIE.
DE LA. PRODUCTION DES RICHESSES.
PREMIÈRE DIVISION.
DE LA NATURE DES RICHESSES.
CHAPITRE PREMIER.
De nos besoins et de nos biens.
Les besoins de l’homme dépendent de sa nature, de son organisationphysique et morale, et diffèrent suivant les positions où il se trouve. Quandil est borné à une vie purement matérielle et végétative, il a peu de besoinsà satisfaire au-delà de sa nourriture. Quand il fait partie d’une nation civi-lisée, ses besoins sont nombreux et variés. Dans tous les cas, et quel quesoit son genre de vie, il ne peut le continuer, à moins que les besoins quece genre de vie entraîne ne soient satisfaits.
Remarquons que ce n’est pas sans un sentiment quelconque de peineque nous éprouvons des besoins, et sans un sentiment correspondant deplaisir que nous parvenons à les satisfaire ; d’où il résulte que les expres-sions : pourvoir à nos besoins, multiplier nos jouissances, et même conten-ter nos goûts, présentent des idées du même genre et qui ne diffèrententre elles que par des nuances.
De cette vue générale de nos besoins, passons à l’examen des moyensque nous avons de les satisfaire.
Ces moyens consistent dans l’emploi, dans l’usage que nous faisons, dedifférentes choses que nous nommons des biens ou des richesses.
Ces richesses sont de deux sortes, qu’il convient de distinguer avec soin.
Les unes nous sont données gratuitement et avec profusion par la na-ture, comme l’air que nous respirons, la lumière du jour, l’eau qui nous