DE NOS BESOINS ET DE NOS BIENS.
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jets que l’on possède ; autrement un meuble grossier, une armoire, qui setrouverait en volume ou en poids excéder de mille fois une tabatière d’or,serait une richesse mille fois plus considérable que la tabatière ! Cela nese peut pas. Quelle est donc la qualité qui détermine le rapport qu'ontentre elles ces deux portions de richesses, dont Tune est sous la formed’une boîte d’or, et l’autre sous la forme d’une armoire ou d’un buffet? Iln’est aucun de vous, messieurs, qui ne fasse la réponse : C’est leur valeur.En dressant un inventaire, en faisant le partage d’une succession, on nemettra pas sur les plateaux d’une balance ces deux meubles ; on les éva-luera ; on estimera leur valeur ; et c’est en raison de leur valeur qu’on lesfera entrer dans le partage des biens, des richesses, dont se compose cetinventaire ou cette succession.
Vous voyez que la richesse ne dépend pas de Tespèce des choses, ni deleur nature physique, mais d’une qualité morale que chacun nomme leurvaleur. La valeur seule transforme une chose en richesse dans le sens oùce mot est synonyme de biens, de propriétés. La richesse qui réside enune chose quelconque, que çe soit une terre ou un meuble, un cheval ouune lettre de change ', est proportionnée à sa valeur. Quand nous parlonsdes choses comme étant des richesses, nous ne parlons point des autresqualités qu’elles peuvent avoir ; nous ne parlons que de leur valeur. Noussommes donc autorisés à dire que les richesses sociales, les richesses quisont des propriétés, se composent de la valeur des choses que l'on possède.
' A proprement parler, aucune richesse ne réside dans une lettre de change,dont l’usage a pour but de rendre apparent, et de permettre au besoin de trans-férer un droit de propriété sur une portion de capital momentanément confiéeà un tiers, et dont celui-ci doit opérer le remboursement à une échéance déter-minée. La création d’une lettre de change ne constitue donc pas en elle-mêmeune création de valeur; mais, pour ce qui concerne un individu en particulier,elle sert à constater un droit de propriété, et c’est dans ce sens que l’auteur luifait prendre rang parmi les choses dont la valeur entre en ligne de compte dansun inventaire. (Noie de l’éditeur.)