PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE IL
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CHAPITRE II.
De la valeur qu’ont les choses.
Nous n’aurions qu’une idée imparfaite de la nature eide la grandeur desrichesses, si nous n’avions que des idées confuses de ce que signifie le motvaleur. Nous suffit-il, pour posséder de grandes richesses, d’évaluer trèshaut les biens que nous possédons ? Si j’ai fait construire une maison queje trouve charmante, et s’il me plaît de l’évaluer 100,000 francs, suis-jeen effet riche de 100,000 francs à cause de celte maison? Nous recevonsun présent d’une personne qui nous est chère. Ce présent est inestimable ànos yeux; cependant il ne nous rond pas immensément riches. Pour qu’unevaleur soit une richesse, il faut que ce soit une valeur reconnue , non parle possesseur uniquement, mais par toute autre personne.
Or, une marque certaine que la valeur d’une chose que je possède estreconnue et appréciée par les autres hommes, c’est lorsque, pour en devenirpossesseurs, ils consentent à me donner une autre valeur en échange. Alorsla quantité de ce que l’on donne en échange, comparée avec la quantitéqu’on en donne pour acquérir tout autre objet, établit entre ces deux ob-jets le rapport qui existe entre leur valeur. Si pour acquérir ma maison,personne n’offre au-delà de 30,000 pièces d’un franc, c’est une preuve qu’ellene vaut que 30,000 francs, quelque évaluation qu’il m’ait plu d’en faire ;c’est une preuve qu’elle constitue une richesse moitié moins grande qu’uneautre maison, ou tout autre objet dont on offre 60,000 francs.
Je suis confus d’insister sur des observations si communes; mais Voussentirez plus tard, messieurs, combien ces notions préliminaires étaientindispensables et rendent facile l’intelligence des hautes vérités de l’éco-nomie politique. Plusieurs d’entre vous ont peut-être déjà lu de nombreuxvolumes sur la nature des richesses et leur production, dont les auteurs,gens de mérite d’ailleurs, ne s’entendent pas entre eux, ne s’entendent pastoujours eux-mêmes, faute d’avoir bien conçu les plus simples élémentsde la science.
C’est la nécessité de constater la valeur des choses par un échange, oudu moins par la possibilité que l’on a de les échanger, si l’on en a le désir,contre une certaine quantité d’autres choses, qui a fait donner à la valeur