Band 
Tome I.
Seite
101
JPEG-Download
 

CLASSIFICATION DES INDUSTRIES

101

production, soit que celle production ait été spontanée, se nommerait in-dustrie agricole, ou agriculture-,

Que l’industrie qui prend les produits entre les mains de leur premier pro-ducteur, et qui leur fait subir une transformation quelconque, par des pro-cédés chimiques ou mécaniques, se nommerait industrie manufacturière.

■ Enfin, que l’industrie qui prend les produits dans un lieu pour les trans-; porter dans un autre où ils se trouvent plus à portée du consommateur,

:i se nommerait industrie commerciale ou simplement commerce.

Vous verrez, en effet, que cette classification offre quelque facilité pourremonter aux causes et prévoir les résultats; mais je vous prie de ne pasperdre de vue qu’elle est arbitraire et adoptée uniquement pour notrecommodité. Quand on étudie les choses, les faits, les lois que nous offre' la nature, aussi bien dans l’ordre moral que dans l’ordre physique, on s’a-| perçoit qu’elle semble avoir cherché à effacer les classifications plutôtqu’à les marquer. Dans l’économie politique, nous classons les chosesd’après leur nature, leurs fonctions, leurs propriétés; nous substituonsquelquefois une meilleure classification à une autre moins bonne, commeont fait les naturalistes, qui, après avoir longtemps classé les animauxd’après le nombre de leur pieds, ont trouvé plus commode de les diviseren animaux avec ou sans vertèbres. Us n’ont pas multiplié le nombre desanimaux que nous offre la nature ; ils les ont mieux rangés et mieux étu-diés. C’est de même la nature qui veut que les sociétés politiques se com-posent de divers organes, éprouvent une multitude de besoins et disposentde certains moyens pour les satisfaire ; quant à nous, notre affaire est d’é-tudier toutes ces choses, et, pour y parvenir, de les examiner parties parparties et de les ranger dans l’ordre le plus favorable, sans oublier que la1. nature des choses, qui se joue de nos études, semble affecter de tout,i brouiller. Les manières dont les choses peuvent être modifiées et appro-

t*' . , v

i, priées a notre usage, se fondent les unes dans les autres, par des nuances$ imperceptibles. Le cultivateur est manufacturier, quand il presse sa ven-îj dange pour en faire du vin ; le jardinier est négociant, quand il achète desf salades à son voisin pour les porter au marché. Chaque ménage a un; fonds de terre dans son potager, et un atelier de manufacture dans sa cui-f sine, puisque dans l’un, on fait pousser les légumes, et que dans l’autre,i on les apprête. Cent bureaux de statistique ne suffiraient pas pour re-cueillir la note de toutes les transformations qui s’opèrent dans un royaumetel que la France, et aucun tableau ne contiendra jamais toutes les aug-mentations de valeur qui naissent de ces transformations.