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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE VU.
Ce point une fois bien entendu, je vous dirai qujon classe avec Y indus-'trie agricole tous les travaux qui ont pour objet de tirer, sans intermé-diaires, des mains de la nature, les matières, quelles qu’elles soient, qui'peuvent servir à nos besoins, même celles qui ne supposent pas la culturedu sol ; tels sont les travaux du chasseur, du pêcheur, qui s’emparent des;animaux qui n’ont pas été élevés par leurs soins; du mineur, qui fouilledans les entrailles de la terre pour y puiser des minéraux qui s’y trou-vaient longtemps avant qu’il s’en occupât. ;
On peut de même classer avec l’industrie manufacturière tous les tra- |vaux qui s’exercent sur une matière achetée, même lorsqu’on ne la façonue ;que pour sa propre consommation ou celle de sa famille.) Une ménagèrequi file du lin et qui tricote des bas pour elle ou pour ses enfants, exerceune industrie manufacturière. Tous les travaux de femme qui se font dansl’intérieur des ménages, sont des travaux manufacturiers. A plus forte rai-son ceux qui s’exécutent dans des boutiques et pour la vente. Un tailleurest manufacturier, puisque la même quantité d’étoflc a un peu plus de va-leur lorsqu’elle est taillée et cousue en habits, qu’elle n’en avait aupara-vant. Un serrurier, un relieur de livres, sont des manufacturiers ; un bou-langer, un pâtissier, un traiteur, sont manufacturiers également, puis-qu’ils acquièrent des matières alimentaires, et par une préparation quel-conque les rendent propres à notre usage et augmentent par là leur valeur.
Dans une ville un peu industrieuse, à chaque étage de chaque maison,on exécute des travaux manufacturiers. Ici, Ton fait des boutons, là, destabatières ; dans un endroit, ou frappe et Ton assemble les chaînons de lachaînette intérieure des montres ; dans un autre, on coud des gants, oubien Ton borde des souliers. Chez un parfumeur, on effeuille des roses ;chez un apothicaire, on broie des médicaments ; chez un opticien, on politdes verres de lunettes. Tous ces travaux sont du même genre, soit qu’onles exécute en grand, dans de vastes ateliers où deux ou trois cents ou-vriers sont à l’ouvrage, soit qu’on les exécute en petit, au coin de son feu.
Nous rangerons enfin dans l’industrie commerciale tous les travaux quiont pour objet de revendre ce qu’on a acheté, sans avoir fait subir à lamarchandise aucune transformation essentielle, sauf le transport et la di-vision par parties, afin que le consommateur puisse se procurer la quan-tité dont il a besoin, et dans le lieu où il lui est commode de la trouver!Ce n’est donc pas seulement le négociant, comme celui dont les naviresapportent du café d’Amérique, qui fait le commerce ; c’est encore Tépicierqui le vend à la livre. On fait le commerce dans de vastes comptoirs et