ÉCHANGE DES FRAIS CONTRE LES PRODUITS.
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Je n’ai pas besoin de vous faire remarquer que, lors même que c’est lepropriétaire qui fait valoir sa terre, le service productif du sol lui estcoûteux, quoiqu’il n’en paie aucun fermage. Le propriétaire qui pourraittirer mille écus de sa terre, et qui, pour la faire valoir lui-même, ne laloue pas, fait le sacrifice de mille écus par année qu’il en aurait pu rece-coir. S’il obtient plus de produits dans le même espace de temps, il éco-nomise donc sur les frais de production, tout comme aurait fait un fermier.
De la même manière, sans payer un plus fort intérêt, on peut tirer plusde parti d’un capital, si l’on supprime des chômages, si l’on obtient plusde service des bâtiments et des machines où la valeur de ce capital est en-gagée. C’est parce motif, que, dans des usines où l’on a placé de grandesavances, l’on a quelquefois double série d’ouvriers; Tune, qui travaillependant le jour, et l’autre, qui travaille pendant la nuit ; de manière quecette portion du capital, qui est en bâtiments et en machines, ne se re-pose jamais 1 .
Dans la main-d'œuvre, on fait un échange plus avantageux des ser-vices personnels, lorsqu’on obtient plus de produits pour les mêmes dé-penses en main-d’œuvre ; ou, ce qui revient exactement au même, lors-qu’on dépense moins en main-d’œuvre pour obtenir les mêmes produits.C’est ce que l’on a pu observer, lorsque Ton a fait usage de la navette vo-lante pour passer la trame des étoffes. Il fallait auparavant, pour les grandeslargeurs, deux ouvriers, l’un â droite, l’autre à gauche du métier, pour serenvoyer mutuellement la navette. Par le moyen de la navette volante,un seul tisserand, placé au milieu du métier, n’a nul besoin d’étendre lesbras aux deux côtés des portées. Une simple ficelle attachée à un manchequ’il lient à la main, lui suffit pour renvoyer la navette de gauche à droit*;et de droite à gauche. Sans prendre plus de peine, sans être payé davan-tage, un seul homme fait l’ouvrage de deux ; de la même valeur en ser-vices industriels on tire plus de produits.
Ici se présente une question à laquelle j’ai répondu d’avance. Si l’en-trepreneur obtient une même quantité de produits en faisant une moindre
1 Dans les religions où le nombre des fêtes chômées excède ce que réclamele repos de l’homme, on perd non-seulement les profits que l’industrie auraitgagnés pendant ces fêtes, mais les profits des capitaux qui restent oisifs. Ce sontdes fonds productifs dont on ne tire pas tout le parti qu’on en pourrait obtenir.Cela concourt à expliquer pourquoi les pays catholiques sont en général pluspauvres que les pays protestants.