PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE IX.
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production est un véritable progrès industriel, un gain pour une naiion,sans être une perte pour les producteurs 1 .
Or, comment parvient-on à diminuer les frais de production sans di-minuer la production ? Ce ne peut être que par l’un ou l’autre de ces deuxmoyens : c’est en tirant un meilleur parti des services productifs qui sontappropriés, et que par conséquent il faut acheter ; ou bien en remplaçantdes services coûteux par les services gratuits des instruments naturelsnon appropriés. Des exemples familiers nous rendront tout cela palpable.
Les services productifs d’un fonds de terre coûtent à son fermier, jesuppose, mille écus par an, qu’il est obligé de payer au propriétaire. Sil’usage du pays est de faire des jachères et de laisser reposer complète-ment le sol pendant une année sur quatre, le cultivateur ne tire aucunservice du fonds de terre pendant l’année de repos. Son motif est delaisser aux sucs végétaux le loisir de renaître. Mais, si de nouveaux pro-grès dans l’industrie agricole ont prouvé que le sol se répare, pourvuque l’on sème, sur la terre qui a produit du blé, des végétaux d’un genredifférent, des plantes fourragères, par exemple, alors vous sentez que,sans faire tort à la production du blé, on peut tirer un service productifdu sol pendant un espace de temps où on le laisserait reposer à tort. Non-seulement on élève des bestiaux lorsqu’on supprime les jachères, maisles bestiaux qui naissent de ces années auparavant perdues fournissentdes engrais pour les années dont on tirait parti, et celles-ci elles-mêmesdeviennent plus productives 2 .
' Cette démonstration lève la difficulté fort grande qu’il y avait à répondre àcette question : si la valeur des produits que possède une nation constitue larichesse de celle nation, comment celte naiion devient-elle plus riche quand sesproduits baissent de priée? On verra plus tard que la richesse nationale se com-pose de la valeur des fonds que possède une nation, et que, comme toute valeurest relative, et que les fonds sont la valeur avec laquelle on achète les produits,ils valent d’autant plus que les produits sont à bon marché. Mais n’anticipons pas.
2 Les personnes qui ont quelque pratique de l’agriculture savent qu’on nelaisse jamais reposer une ferme tout entière pendant les années de jachères. Onfait quatre parties, plus ou moins, des terres labourables, et chaque année onlaisse reposer successivement une de ces parties. Mais quand on supprime lesjachères, on plante sur le terrain qui a produit du blé, des turneps, des pommesde terre, etc., dont on nourrit des bestiaux en plus grand nombre qu’auparavant,et dont les engrais fertilisent les parties cultivées pour des céréales.