NATURE ET EMPLOI DES CAPITAUX.
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nommer; j’ai dit que leur action concourt avec celle de l’industrie à lacréation des produits ; mais vous avez droit de me demander en quoi cetteaction consiste.
Tout le monde, ou presque tout le monde a peu ou beaucoup de capi-taux ; plusieurs s’en servent d’une manière assez profitable, sans savoircomment une telle action amène de tels résultats. C’est ainsi que l'actiondu cœur, chez tout le inonde, chasse le sang vers les extrémités du corps,et que très peu de personnes savent comment ce mouvement s’exécute etce qui en résulte. La nature est ancienne, mais la connaissance de sesphénomènes est toute récente; et c’est celte connaissance pourtant quipeut seule nous mettre sur la voie des véritables progrès.
Pour entendre quelle est la nature des capitaux et les fonctions qu’ilsremplissent dans les opérations productives, il faut bien comprendre au-paravant le sens de deux expressions dont je serai forcé de me servir danscette explication : l’une est le mot avance, l’autre est le mot consommation .
Lorsque je sacrifie une chose ayant de la valeur, ou une somme quel-conque, ce peut être pour satisfaire à mes besoins, ou à ceux de ma fa-mille, ou bien à ceux des personnes à qui j’en fais don. Une fois ces be-soins satisfaits, la chose ou la somme est perdue pouf moi sans retour.
Mais je peux aussi me séparer momentanément d’une valeur qui m’ap-partient, en l’employant de telle sorte qu’elle se trouvera rétablie plustard; ou bien, je peux la confier à quelqu’un qui l’emploiera de manièreà la rétablir, et qui pourra par conséquent me la rendre. Ce n’est plusalors une valeur perdue : c’est une valeur consommée et qui cependantrentrera dans mes mains : c’est une avance.
Quant au mot consommation, bien que la marche et les effets de la con-sommation doivent être développés dans la suite de ce cours, néanmoins,comme pour produire il faut opérer une consommation , je ne puis medispenser de vous dire dès à présent que, de même que le mot produiresignifie, non pas créer de la matière, mais créer de la valeur, par la mêmeraison, consommer signifie, non pas détruire de la matière, mais détruirede la valeur. Vous sentez suffisamment qu’il n’est pas plus au pouvoir del’homme d’anéantir un atome de matière que de le tirer du néant. Maisnous pouvons détruire, totalement ou partiellement, la qualité qui donneà une matière de la valeur, qui en fait une richesse; celte qualité, vousavez vu que c’est son utilité, la propriété qu’elle a de pouvoir nous servir.Dès lors, en détruisant son utilité, nous détruisons sa valeur, nous la con-sommons. Lorsque nous consommons des aliments, un habit, nous leur