DE LA FORMATION DES CAPITAUX.
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à placer le même jour, et chacun de ces ouvriers profite, dès le jour même,de l’intérêt de ses 40 sous
1 Je ne puis m’empêcher à cette occasion de payer un tribut d’éloges aux ban-quiers et aux capitalistes de Paris, qui administrent gratuitement, dans 1’hôlelde la banque de France, une caisse d’égargnes où chaque dimanche on reçoit lesplus petites épargnes des gens économes, et qui tous les lundis achètent à laBourse, avec le montant des dépôts que la caisse a reçus la veille, des rentessur l’Etat. Il n’y a pour les accumulateurs nuis frais de commission, d’administra-tion à payer. L’agent de change lui-même qui achète les rentes ne prend pas decourtage; et la caisse paie des intérêts aux prêteurs, ou les ajoute à leur principal àleur volonté. C’est un des établissements les plus véritablement philanthropiquesque je connaisse, et il a toute la solidité des inscriptions sur le grand livre de ladette publique. (Note de l'auleur.)
L’emploi en achat de rentes sur l’Etat des dépôts reçus à la caisse d’épargnes,présentait l’inconvénient d’exposer les déposants et la caisse elle-même à subirles pertes pouvant résulter de variations sur le cours de ces effets publics; c’estce qui a motivé la loi du 31 mars 1837, par laquelle la caisse des dépôts et consi-gnations a été autorisée à recevoir le versement en compte-courant des fonds reçuspar les caisses d’épargnes, avec bonification d’intérêts sur le pied de quatre, pourcent l’an. Cette mesure a été un nouvel encouragement donné aux épargnes, dontl’importance n’a cessé d’aller en augmentant. Les sommes déposées à la caisse
d’épargnes de Paris, pendant l’année 1837, se sont élevées à 32,238,078 fr.
les remboursements opérés ont été de. 19,694,576 fr. 32 c.
et la caisse s’est trouvée devoir aux déposants à la fin del’année la somme totale de. 63,230,113 fr. 31 c.
Le bon exemple donné à Paris a été suivi dans les villes principales des dépar-tements; des caisses d’épargnes se sont formées de tous côtés; il en existait 267 àla fin de 1838. Cependant l’expérience a prouvé que l’intervention de la caisse desdépôts et consignations ne suffisait pas pour garantir les caisses d’épargnes contreles atteintes portées au crédit public par de graves événements. Au moment de larévolution de 1848, la somme due aux caisses d’épargnes par celle des dépôts etconsignations s’élevait à plus de 350 millions, dont la presque totalité était re-présentée par des valeurs non immédiatement réalisables; or, l’ébranlementgénéral du crédit ayant multiplié tout-à-coup d’une manière inquiétante les de-mandes de remboursement, le gouvernement, après avoir vainement essayé, parun premier décret du 7 mars 1848, d’arrêter ce mouvement en élevant l’intérêtdes dépôts jusqu’à 5 p. °/ Q , se crut obligé de limiter, par un second décret du3 mars, les remboursements en espèces à 100 francs par livret, en offrant le