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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE XIII.

HS

passer cette valeur dans mon fonds de terre ou dans un bâtiment ; et moncapital se trouve augmenté de 20 francs. La valeur de ce blé, au momentqu’elle fut créée, fut une valeur nouvelle jetée dans la société ; et malgréla consommation du blé, celte valeur s’est perpétuée, puisqu’elle a passédans d’autres objets susceptibles de consommation à leur tour. Aussi long-temps qu’on la consommera reproductivement, la même valeur se perpé-tuera ; elle fut nouvelle une fois et peut durer toujours ; c’est une nou-velle portion de capital qui s’ajoute à mes fonds capitaux et aux capitauxde la société dont je fais partie. En moins de mots, une épargne n’est pasune non-consommation, mais une consommation reproductive, succédantà une opération productive.

Vous comprenez par là, messieurs, qujon épargne en dépensant del’argent, tout comme en entassant des écus sur des écus, pourvu qu’on ledépense à titre d’avance et pour une consommation qui sera remboursée,par des produits. La forme sous laquelle se trouve la valeur épargnée)n’est pas ce qui constitue l’épargne ; c’est la nature de l’emploi qu’on faitde cette valeur. Quand on la destine à faire de nouvelles avances à la pro-duction, c’est un nouveau capital que l’on forme, quelle que soit la chose!où réside la valeur épargnée. ^

Les personnes qui reçoivent, en argent leur part de produits créés,comme les propriétaires qui ont des terres affermées, les capitalistes aux-quels on paie un intérêt, les commis auxquels on paie un appoinlement,les ouvriers qui reçoivent un salaire, lorsqu’elles jugent à propos de faireune épargne, conservent ordinairement pendant quelque temps la valeurépargnée sous la forme de monnaie, qui leur est plus commode que touteautre, jusqu’à ce que la somme, grossie par plusieurs accumulations suc-cessives, soit assez forte pour qu’on puisse en opérer le placement.

Il y a de cette manière, en chaque pays, bien des petites portions de capi-taux, dont l’emploi est retardé et dont la somme totale, chez un peuple nom-breux, actif et économe, forme un capital improductif très considérable.

Les caisses d’épargnes, qui réunissent les petites économies pour les pla-ieer ensemble, ont cet avantage, quand elles sont solides et bien adminis-trées, qu’elles accélèrent le moment où les capitaux sont mis à l’œuvre. Unouvrier qui met de côté 40 sous sur sa semaine, ne peut pas tirer un inié-irêt de cette faible épargne ; il est obligé d’attendre qu’il ait rassemblé les!économies de plusieurs semaines, de plusieurs années. Mais s’il existe unecaisse d’épargnes digne de sa confiance, il porte ses 40 sous à la caisse ;icent autres ouvriers en font autant ; dès lors la caisse a deux cents francs