DE LA FORMATION DES CAPITAUX.
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prend à son service des ouvriers qu’il nourrit et paie en blé ; il transformeainsi son blé en un canal qui ajoute à la valeur du fonds, et qui', parleproduit supérieur qu’il lui fait rendre, lui procure un intérêt pour sonépargne et une récompense pour son industrie, si elle a été judicieuse etéclairée.
Dans l’industrie commerciale, l’effet est encore le même : un négocianten épiceries transforme ses épargnes en marchandises de son commerce(qui sont les matières premières de son industrie), et, travaillant sur deplus fortes valeurs, il obtient un surcroît de bénéfices qui comprend l’in-térêt de son épargne. S’il est seulement commissionnaire, et qu’il épargnesur scs profits, il peut augmenter les avances qu’il fait à ses correspon-dants à compte sur les ventes dont on le charge. Les correspondants em-ploient le montant de ces avances en marchandises de leur commerce ; etce capital épargné par l’un, devient productif entre les mains de l’autre,qui en paie les intérêts au premier par le moyen de ce que l’on nomme uncompte d’intérêts.
Un entrepreneur économe ne peut guère connaître que par un inven-taire qui se fait d’ordinaire tous les ans, de combien son capital a été aug-menté par ses épargnes; il ne peut savoir autrement si les accroissementsque ce capital a reçus par ce moyen, ont excédé la valeur des détériora-tions qu’il a pu subir d’ailleurs. Les épargnes ont excédé les détériorations,si l’évaluation de tous ses ustensiles, de toutes ses matières premières, deses créances, se monte par exemple à 102, 105,110 mille francs, tandisque l’année précédente, elle ne se montait qu’à 100 mille.
C’est ainsi, messieurs, que les hommes rangés se forment des capitauxproductifs : c’est en épargnant sur leurs profits, non pour thésauriser,mais pour dépenser à titre d’avance et de manière à rentrer dans la valeurdépensée. Accumuler n’est point mettre en tas ce qu’on amasse ; c’est enuser pour la production, au lieu d’en user pour ses besoins. Par consé-quent, quiconque a peu de besoins forme plus aisément et plus vite descapitaux. Les vastes capitaux des Hollandais sont venus de ce que, grâceà leur active industrie, ils ont fait pendant un temps de gros profits; et dçce que, grâce à leur sobriété, ils en ont consacré une moindre partie àleurs consommations improductives, et une plus forte partie à leurs con-sommations reproductives.
Quand on consacre des profits, de nouvelles valeurs créées, à des meu-bles durables, à de la vaisselle, à des livres, à l'embellissement de son liabitation, comme la valeur même de ces choses ne se consomme pas, en la