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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XIII.

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supposant constamment entretenue, on peut appeler cela une épargne ,une accumulation, dont on ne consomme que la rente.

Une autre espèce d’épargne est celle qu’on fait en se procurant destalents, en élevant ses enfants, etc. Si ces talents sont lucratifs, ils repré-sentent un capital dont la rente est dans les profits qu’ils pourront pro-curer. Si ce sont simplement des talents d’agrément, d’où ou ne prétendtirer aucuns profits, ils représentent encore un capital dont la rente est lasatisfaction, les plaisirs qu’ils procurent à la personne au profil de qui cecapital a été amassé. Une famille même de simples manouvriers, qui a lesmoyens d’élever un enfant jusqu’à l’àge d’homme, mais qui n’a pas lesmoyens de lui donner aucun talent, n’en a pas moins accumulé un capitalau profit de ce fils; car, par une suite de privations et d’épargnes sur sesautres dépenses, elle en a fait un homme capable de gagner un salairequelconque, qui est le revenu d’un capital appelé homme : car un hommefait, quel qu’il soit, est un capital accumulé ; et lorsqu’il se trouve n’êlrebon absolument à rien, c’est un capital improductif, comme Tune de cesmachines mal conçues, quoique exécutées avec soin et à grands frais, etqu’on laisse dépérir dans la poussière des magasins, faute d’en pouvoirtirer parti.

En considérant les capitaux dans les opérations productives, nous n’a-vons pas pu faire abstraction de leurs formes substantielles, de la matièreoù leur valeur était logée, parce que c’est en raison des propriétés des ma-tières où gît la valeur capitale, qu’elle sert à la production. Mais à l’égarddes épargnes qui sont destinées à des emplois non encore déterminés,c’est la quotité seule de leur valeur qui est à considérer. Que ce soit dublé, du bois, des écus, que l’on juge à propos de soustraire à la consom-mation improductive (qui les détruirait sans retour) pour les appliquer àune consommation reproductive qui en perpétuera la valeur, l’effet est lemême, quanta la formation des capitaux qui en résultent. La somme ducapital ne dépend pas de sa forme matérielle, mais de sa valeur ’.

1 Cette considération offre une preuve de plus de la nécessité de prendre lavaleur des choses pour la base des richesses. Si Ton ne voyait de richesse quedans l’utilité réelle des choses, et non dans leur valeur échangeable, on n’auraitaucune donnée sur l’importance d’un capital. Ce n’est pas avec futilité réellequ’on peut acheter les ustensiles et les matières dont Tindustre doit se servir;