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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XIII.

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dans la saison favorable, elles les consomment dans la mauvaise saison.C’est l’effet seulement de l’instinct, et non d’un dessein prémédité; et cesproduits accumulés ne leur servent jamais de moyens, comme à l’homme,pour en acquérir davantage. L’accumulation indéfinie des capitaux est,pour l’homme, un moyen de multiplier ses forces à l’infini. C’est, avec lafaculté de savoir conclure des échanges, la principale cause du pouvoir denotre espèce sur les autres êtres de la création. Il suffit d’une vue super-ficielle pour qu’on dise : C’est l’intelligence de l’homme qui est la cause desa supériorité. Cet adage n’instruit guère : il faut savoir quels sont lesmoyens«uggérés par cette intelligence pour procurer cette supériorité. Sinotre intelligence ne nous servait qu’à tendre habilement des embûchesaux animaux pour en faire notre pâture, ou nous préserver de leurs at-taques, notre intelligence serait probablement souvent vaincue par la leur.Mais rassembler des instruments de production, échanger des salairescontre des travaux, créer d’un produit beaucoup plus que nous n’en pou-vons consommer et troquer le surplus contre ce qui nous manque, voilàce que nous savons faire, et ce dont ils sont incapables.

J’ajouterai que les peuples qui ne fout pas usage de cette faculté, c’est-à-dire plusieurs peuplades de l’Amérique septentrionale, des îles de la merdu Sud, de la Nouvelle Hollande, se rapprochent volontairement des es-pèces inférieures de la création, et disparaîtront par degrés de la surfacede la terre. En d’autre mots, elles se civiliseront ou bien elles seront dé-truites. Rien ne peut tenir contre la civilisation et contre les puissancesde l’industrie. Les seules espèces animales qui survivront, seront cellesque l’industrie multipliera.

Les digues et les édifices que construisent les castors ne sont point dela nature des capitaux, bien que ces constructions puissent passer pour lapropriété de telle ou telle société de castors, qui s’en est occupée en com-mun. Ce sont pour eux des moyens de se conserver, de se garantir, pardes inondations, des attaques de leurs ennemis; mais ce ne sont pas plusque leurs approvisionnements, des moyens, des instruments de produc-tion. Au reste, je ne vous en fais en passant l’observation, qu’afin de fairebien entendre la nature des capitaux productifs dont la consommation n’apoint pour objet la satisfaction des besoins, mais la reproduction de nou-velles valeurs.