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Tome I.
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I)E LA DISSIPATION DES CAPITAUX.

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s’occupent de la reproduction, c’est-à-dire de créer des objets utiles, aulieu de ceux qui travaillent à des futilités. Je défie les défenseurs du luxede dire en quoi l’industrie du monteur de diamant doit exciter plus vive-ment notre sollicitude que l’industrie de ceux qui élèvent des moutons, quilaminent de la tôle, qui cuisent de la brique, qui fabriquent des outils, desaliments, des vêtements, pour d’autres producteurs. L’ouvrier et le commisqui travaillent dans une manufacture, ne sont-ils pas consommateurs?Leurs vêlements, leurs chapeaux, ne font-ils pas valoir l’industrie, aussibien que la mascarade d’une livrée? Tout l’avantage n’est-il pas du côté dela consommation reproductive, puisqu’on habille trois ou quatre ouvriersavec le seul galon d’un laquais ; puisqu’au bout de l’an, la dépense faitepour l’ouvrier sera restituée par les résultats de son travail, et qu’ellepourra servira faire de nouveaux achats tout aussi favorables à l’industrie?'Mais quels seront les résultats de l’antichambre? Quels produits aura-t-ontirés de cet antre de la fainéantise? Ce qu’elle a consommé est perdu pourtoujours ; faut-il s’étonner que les pays à ateliers croissent en population,tandis que les pays à antichambres déclinent?

La société, le public, doiventmême préférer, dans leur intérêt, l’avarequi, avec un soin sordide, amasse écu sur écu, au dissipateur qui les ré-pand avec profusion. La valeur dépenséepar celui-ci ne sera plusdépenséede nouveau ; tandis que le trésor de l’avare tombera nécessairement tôt outard en des mains qui pourront, si elles sont bien avisées, le placer ou lefaire valoir. Alors, au lieu d’avoir une seule fois payé des ouvriers de luxe,cet argent subviendra à des consommations perpétuellement renaissantes.

Tels sont, messieurs, les effets de l’épargne ; c’est elle, c’est la sommedes valeurs épargnées et capitalisées, qui fait la différence entre une na-tion riche et une autre qui ne l’est pas. Sans doute son territoire, sa popu-lation, font aussi partie de ses richesses ; mais son territoire ne vaut quepar les capitaux qui s’y trouvent répandus ; et quant à sa population, celle-là seule est une richesse où chaque personne peut, tout au moins, gagnersa vie. Or, cette population-là, résultat des avances successivement faitespour la mettre à ce point, est elle-même un capital accumulé. Les richessesdes nations se réduisent donc à des capitaux, et les capitaux ne s’acquièrentque par l’épargne. C’est elle seule qui a fait l’opulence de la Hollande, del’Angleterre, qui a fait la nôtre, et qui la portera, j’espère, fort au-delà dece que nous la voyons.

C’est la fausse idée qu’on ne pouvait épargner que les produits maté-riels pour en faire des capitaux durables, qui a empêché Adam Smith, eti. 11