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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XIV.

« Un homme économe, dit Adam Smith, est comme le fondateur d’un« atelier public; il établit en quelque sorte un fonds pour l’entretien per-te péluel d’un certain nombre de salariés industrieux, A la vérité, la destina-« tion et l’emploi de ce fonds ne sont pas stipulés par un acte authentique,

« mais ils sont garantis par l’intérêt direct de tous ceux auxquels pourra« jamais appartenir ce fonds, car ils ne peuvent le dissiper sans altérer« leurs revenus.

« C’est ce que fait le prodigue qui ne sait pas borner sa dépense à son« revenu et qui entame son capital. Il distribue à la fainéantise, qui ne les« rétablit pas, des fonds que la frugalité de ses pères avait consacrés à« l’entretien de l’industrie, entre les mains de laquelle ils renaissaient« sans cesse. Il voue à un usage profane les deniers d’une fondation pieuse.

« Il diminue les profits annuellement gagnés par le travail intelligent^ SU« la prodigalité des uns n’était pas compensée par la frugalité des autres, |« le revenu général du pays serait diminué : le pays irait en s’appauvris-« sant... Tout prodigue est un ennemi public, et tout homme économe« doit être regardé comme un bienfaiteur de la société. » ^

Telles sont les expressions énergiques du père de l’économie politique,expressions dictées par un véritable amour de l’humanité, et par une con-naissance parfaite de ce qui lui est avantageux.

Remarquez avec moi, messieurs, combien cette méthode, introduite parlui, et perfectionnée par d’autres, d’observer et de décrire nettement lesfaits et la manière dont ils se développent dans la nature, nous donne defacilité pour résoudre des questions que l’on croyait difficiles. Quel nombrede volumes n’a-l-on pas écrits pour et contre le luxe ! Que de déclamationsmorales de la part de ses ennemis ! Que de raisonnements spécieux entasséspar ses partisans, pour nous prouver que si les riches économisent, lespauvres mourront de faim! On ne peut disputer sur cette matière, quefaute de savoir de quoi il s’agit.

En effet, du moment qu’on sait que les valeurs accumulées sont dépen-sées et consommées tout aussi bien que les valeurs dissipées, quel avan-tage peut-on trouver, pour la classe laborieuse, dans les dissipations desriches? Le luxe fait travailler certaines classes d’ouvriers ; l’épargne fait jtravailler d’autres classes. L’argent que l’on refuse de donner à ses fantai- "sies et à ses plaisirs, si on le place, sert à faire des constructions qui fonttravailler des ouvriers ; il sert à acheter des ustensiles, des machines, desmatières premières qui ont également fait travailler des ouvriers^ Il n’y ad’autre différence, sinon que l’on multiplie le nombre des travailleurs qui