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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE XVIII.
aidés par de nombreux agents, font venir des produits de tous les paysde la terre et les paient en produits de notre façon.
La remarque en a déjà été faite’. « La charrue, la herse et d’autressemblables machines, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, ontpuissamment concouru à procurer à l’homme une grande partie, non-seu-lement des nécessités de la vie, mais môme des superfluités dont il jouitmaintenant, et dont probablement il n’aurait jamais seulement conçul’idée. Cependant, si les diverses façons que réclame le sol ne pouvaient sedonner que parle moyen de la bêche, de la houe et d’autres instrumentsaussi peu expéditifs; si nous ne pouvions faire concourir à ce travail desanimaux qui, considd^is en économie politique, sont des espèces de ma-chines, il est probable qu’il faudrait employer, pour obtenir les denréesalimentaires qui soutiennent notre population actuelle, la totalité des brasqui s’appliquent actuellement aux arts industriels. La charrue a donc per-mis à un certain nombre de personnes de se livrer aux arts, môme lesplus futiles, et, ce qui vaut mieux, à la culture des facultés de l’esprit. «
Malgré des faits si décisifs, plusieurs écrivains, trop frappés des incon-vénients momentanés qui accompagnent souvent l’introduction des nou-velles machines, ont cru qu’il y avait des situations de la société où il con-venait de les proscrire ; et ils ont cherché dans les principes de l’économiepolitique elle-même de quoi justifier leur opinion. Sous ce rapport, je lescrois décidément dans l’erreur. Je n’entreprendrai point de combattretous leurs arguments, controverse qui me mènerait trop loin. Je croisd’ailleurs que les principes que je vous ai développés sur ce qui constitueles progrès industriels, les feront tomber avec le temps.
Je ne m’attacherai qu’à quelques objections de M. de Sismondi, parceque cet auteur éclairé, ingénieux, éloquent, et qu’aucun intérêt personnelne fait parler, pourrait, par pure philanthropie, accréditer de fausses no-tions.
« En règle générale, toutes les fois que la demande pour la consom-« mation surpasse les moyens qu’on a de produire, toute découverte noti-ce velle dans les mécaniques ou dans les arts est un bienfait pour la so-« ciété, parce qu’elle donne le moyen de satisfaire des besoins existants.« Toutes les fois au contraire que la production suffit pleinement à la con-te sommation, toute découverte semblable est une calamité, puisqu’elle
Traité d'Economir pnliliqur, lie. 1 , chap. ”.