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Tome I.
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DU SERVICE DES MACHINES.

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L’invention du moulin, qui nous a permis d’employer la force de l’eau àla mouture du blé, nous a donc procuré une économie de 290 fr. pourchaque fois 36 hectolitres de blé que nous réduisons en farine. C’est lamoitié du prix, du blé lui-même. La dépense que chaque ménage fait enpain a donc pu être réduite au deux tiers de celle que l’on faisait chez lesauciens.

On conviendra de cette économie, maison prétendra qu’elle est obtenueaux dépens des tourneurs de meules dont les profils sont diminués d’au-tant. Ce n’est pas, dira-t-on, une augmentation de richesses pour la société ;c’est un déplacement de richesses.

Mais vous ne pouvez manquer de remarquer, mjRieurs, qu’en payant290 francs de moins aux tourneurs de meules, on leur laisse la dispositionde leur temps et de leur travail, qui, dès lors, peuvent être employés à lacréation de nouveaux produits.

Qui les achètera, ces nouveaux produits? persistera-t-on à dire. — Lesmêmes consommateurs qui ont épargné 290 francs sur l’achat de la farine,car leur revenu n’a point été altéré par l’effet de cette révolution ; ils onttoujours eu la même somme à dépenser àïîmiéllement, soit en, jouissances,soit en consommations reproductives'. Ils ont pu dès lors, ils ont dû ré-clamer d’autres travaux qui ont fourni de l'occupation auxjioinnies de-meurés vacants par l’effet de l’emploi des machines. hommes ont puse nourrir avec autant de facilité et même avec une facilité plu s grande;car, outre que la même quantité de farine s’est trouvée répandue dans lasociété, on a pu se la procurer pour les deux tiers seulement du prix qu’ilfallait la payer autrefois. C’est ainsi que les perfectionnements ont per-mis à une foule de gens de travailler à cette multitude de produits dontl’usage, plus généralement répandu, constitue une civilisation plus avan-cée. Nous voyons de nos jours moins de tourneurs de meules, mais nousvoyons un plus grand nombre de négociants et de manufacturiers qui,

sièresdes premiers temps de la civilisation se rapprochent, à certains égards,de celles des peuples sauvages. Aujourd’hui, chez les peuples véritablement civi-vilisés, on épargne aux femmes de toute condition les travaux qui exigent detrop pénibles efforts.

1 II ne faut pas perdre de vue que les sommes épargnées et placées sont dé-pensées aussi bien que celles qui servent à nos jouissances, et réclament de mêmedes producteurs ; la seule différence, c’est qu’elles sont dépensées pour la con-sommation reproductive.