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PREMIÈRE PARTIE. - CHAPITRE XIX.
augmenté. Je liens d’un négociant qui a été pendant cinquante ans dansle commerce et la fabrique des cotons, qu’avant l'invention des machineson ne comptait dans la Grande-Bretagne que5200 fileuses au petit rouet,et 2700 tisseurs d’étoiles de colon ;
en tout 7900 ouvriers; tandis qu’en 1787, dix ans seulement aprèsTiutroduction des machines, on comptait dans le même pays
105,000 personnes, grandes et petites, occupées de la filature,et 247,000 idem employées au lissage ;
en tout 352,000 ouvriers, au lieu de 7,900.
De plus les machines, au lieu de réduire le salaire des ouvriers, l’avaientau contraire fait monter. A la première de ces époques, une femme ou-vrière gagnait par jour 20 sous de France; à la seconde époque, elle ga-gnait 50 sous. Un homme qui gagnait auparavant 40 sous de France, put,après l’introduction des machines, se faire payer 5 francs ; ce qui prouvequ’on demandait plus d’ouvriers qu’ils ne s’en offrait, et ce qui s’expliqueparla plus grande consommation qu’on a faite des cotonnades quand ellesont été à bon marché, et par le nombre considérable de tisseurs qui en aété la suite. Je sais que la main-d’œuvre a baissé depuis, en raison del’encouragement même donné à la population par l’introduction des ma-chines. Le prix de la main-d’œuvre est tombé encore plus bas dernière-ment par des motifs étrangers à notre sujet, par l’invasion en Angleterredes ouvriers d’Irlande; mais il n’est pas moins curieux d’observer que, dansles dix premières années de l’introduction de machines aussi puissantes etqui abrégeaient à un si haut degré la main-d’œuvre, les salaires, au lieude tomber, avaient plus que doublé.
Au surplus, ce nombre d’ouvriers occupés par le colon a dû s’augmenterbien plus encore depuis l’année 1787. Si nous prenons pour base de leurnombre la quantité de livres de coton soumises au travail, je trouve dansles relevés présentés au parlement que, de 1786 à 1790, la quantitémoyenne de livres de colon importées dans la Grande-Bretagne a été, ennombre rond, de 26 millions delivres; et que de 1821 à 1825, l’importa-tion moyenne a été de 165 millions de livres, sur lesquelles 10 millions delivres ont été réexportées ’. Conséquemment, les filatures anglaises, de
1 Eu 1835 l’importation du coton dans la Grande-Bretagne a dépassé 361 mil -