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PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE XIX.
^qu’aux dépens d’un autre, n’augmente pas les richesses de la masse',j Les profits qui forment le revenu des capitalistes et des propriétairesfonciers ne sont pas une spoliation, car ces membres de la société con-tribuent, par le moyen de leur instrument, à communiquer en partie auxchoses l’utilité qui fait leur valeur; et l’on ne peut pas dire qu’ils pro-fitent aux dépens des consommateurs, puisqu’en supposant qu’il n’y eûtdans le monde ni capitalistes, ni propriétaires fonciers, on paierait lesproduits plus cher qu’on ne les paie maintenant’ 1 .
Après avoir observé ce que peut l’industrie, analysé ses procédés, re-connu la nature de ses instruments, nous allons la suivre dans ses princi-pales applications. Mais il ne faut pas vous imaginer, messieurs, que leprofesseur puisse tout faire. Il n’est chargé que de la moitié de la lâche;c’est à vous de l’achever. Pour profiter d’une élude quelconque, il faut quel’assimilation s’opère.L’assimilation ! allez-vous me demander ! Qu’en-
tendez-vous par ce mot ? — Le voici :
/^Les aliments qui soutiennent notre vie ne sont pas nous-, et cependant(ils deviennent nous, lorsque passés dans le sang, puis dans les muscles,ils finissent par faire partie de notre corps. De même, si vous lisez unlivre, si vous écoutez un orateur, sans vous approprier ce qu’ils disent debon, leurs idées restent leur propriété et ne font point partie de la vôtre.Mais du moment que vous vous êtes formé, en y réfléchissant, une con-ception nette de l’idée qu’on a présentée à votre esprit; du moment qu’ensuivant le professeur, vous vous êtes, pour ainsi dire, promenés avec luiautour d’un objet, que vous l’avez examiné sous toutes ses faces, que vousavez remarqué tout ce qui le caractérise, alors l’idée que vous emporteza’est plus celle du professeur seulement : elle est à vous comme à lui; l'as-similation est faite.
* Ces déplacements de richesses étant nuisibles à la véritable multiplicationdes richesses et au bien-être de la société autant qu’à la justice, devraient tou-jours être prévenus ou réprimés par les lois. Ils le sont dans beaucoup de cas;il n’y a que bien peu de pays où ils le soient dans tous.
* Voyez le présent volume, page 107. La même vérité acquerrcra une grandesolidité dans la suite de cet ouvrage.