RÉVOLUTION DANS L'INDUSTRIE DU COTON. ”203
avant la découverte des machines, ne nous en fournissaient pas, ou nousen fournissaient peu.
Ce n’est pas tout : rinilucncc des machines à filer le coton ne s’csl pasbornée à multiplier le nombre des industrieux qui s’occupent spécialementde celte matière. Par des considérations qui vous seront développées plustard, il a fallu que les terres, les capitaux et l’industrie de l’Europecréassent d’autres produits, d’autres valeurs, pour acquérir les valeurs encoton qu’elle consomme maintenant de plus qu’elle ne faisait ; car les in-dustrieux d’Europe qui s’occupent maintenant des produits de' colon neles donnent pas pour rien : ils les fournissent en échange de tous les ob -jets qu’il a fallu créer d’un autre côté pour acheter leurs cotonnades. C’estainsi qu’une seule industrie peut étendre son influence sur toute l’écono-mie des nations *.
Je vous ai entretenus jusqu’ici, messieurs, de co qui constitue la pro-duction des richesses. Vous avez vu le rôle que joue dans ce grand œuvrel’industrie de l’homme aidée de ses instruments. Vous pourriez croire qu’ily a d’autres moyens encore d’en produire, parce que vous rencontrez, dansle monde des personnes qui acquièrent des richesses et même parviennentà la grande opulence, sans ajouter le moindre degré d’utilité à quoi que
ce soit.
homme considéré en particulier peut effectivement acquérir |
des richesses sans en produire, en abusant de la supériorité de ses forces, !ou de l’ignorance de celui qu’il dépouille : mais les biens qu’il s’approprieainsi ont néanmoins été créés par quelqu’un; et plus vous considérerez
ce sujet, plus vous apercevrez que ces biens ne peuvent avoir été pro
duils que de la manière que je vous ai indiquée. La société, prise en masse,ne peut s'enrichir que par la production ; car ce qui n’enrichit un individu
1 Depuis que ce chapitre a été écrit, de nombreux perfectionnements ont en-core été apportés à la fdature de colon ; les machines n’ont cessé de s’améliorerdepuis l’invention première d’Arkwright; les derniers progrès ont porté surtoutsur les opérations préparatoires ; des bancs à broches et d’autres machines ontété substitués aux anciens bancs à lanternes et aux métiers en gros; mais cesdétails ne sauraient trouver place ici. On ne doit pas perdre de vue que ce Coursn’est ni un ouvrage de statistique ni un ouvrage de technologie, et si l’auteurs’est occupé de l’industrie cotonnière, c’est incidemment, et pour y puiser desexemples qui viennent appuyer ses démonstrations. (Note rtc l'éditeur.)