DES SYSTÈMES SUR LA PRODUCTION TERRITORIALE. 209
CHAPITRE II.
Des systèmes qui ont été mis en avant relativement à la productionterritoriale.
Les économistes du dix-huitième siècle prétendaient que, dans la pro-duction agricole, il n’y a de richesse produite que ce qu’ils nommaient leproduit net , c’est-à-dire, la valeur qui reste quand les cultivateurs ontprélevé sur les produits la valeur de leur entretien, et quand les avancesfaites à l’aide du capital ont été remboursées. Ce sont ces prélèvementsqu’ils appelaient des reprises.
Le produit net , seul profit nouveau, suivant eux, revenant tous les ansà la société et servant à son entretien, est représenté par le loyer desfermes, par le fermage que l’on paie aux propriétaires des terres ; c’estpar les mains de ces derniers (toujours suivant les anciens économistes)que le revenu annuel se répand dans toutes les classes de la société.
Ils n’accordaient le nom de productive qu’à cette industrie qui nous pro-cure de nouvelles matières, à l’industrie de l’agriculteur, du pêcheur, dumineur. Ils ne faisaient pas attention que ces matières ne sont des ri-chesses qu’en raison de leur valeur ; car de la matière sans valeur n’estpas richesse, témoin l’eau, les cailloux, la poussière. Or, si c’est unique-ment la valeur de la matière qui fait la richesse, il n’est nullement néces-saire de tirer de nouvelles matières du sein de la nature pour créer denouvelles richesses ; il suffit de donner une nouvelle valeur aux matièresqu’on a déjà , comme lorsque l’on fait du drap avec de la laine. Ce n’estdonc pas la seul industrie agricole qui produit des richesses.
A cet argument, les économistes répliquaient que la valeur addition-nelle répandue sur un produit, par un manufacturier ou par ses ouvriers,.est balancée par la valeur que ce manufacturier a consommée pendant sa: fabrication. Ils disaient que la concurrence des manufacturiers entre euxne leur permet pas d’élever leurs prix au delà de ce qui est nécessairepour les indemniser de leurs propres consommations ; et qu’ainsi leursbesoins détruisant d’un côté ce quç leur travail produit de l’autre, il nerésulte de ce travail aucun accroissement de richesse pour la société.
Il aurait fallu que les économistes prouvassent, en premier lieu, que laproduction des artisans et manufacturiers est nécessairement balancée
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