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DEUXIEME PARTIE.
CHAPITRE II.
par leurs consommations. Or, ce n’est point un fait. Il y a probablement,au contraire, plus d’épargnes faites et plus de capitaux accumulés sur lesprofils des manufacturiers et des négociants, que sur ceux des culti-vateurs.
En second lieu, les profits résultant de la production manufacturière,pour avoir été consommés et avoir servi à l’entretien des manufacturierset de leurs ouvriers, n’en ont pas moins été réels et acquis. Ils n’ontmême servi à leur entretien que parce que c’étaient des richesses toutaussi réelles que celles qui alimentent les propriétaires fonciers et lescultivateurs.
J’ai signalé, dans mon Traité d'Économie politique, le sophisme d’unde leurs écrivains, de Mercier de la Rivière, pour prouver l’incapacité oùsont les artisans de produire aucunes richesses ; et je le reproduirai de-vant vous, messieurs, parce que ce que je vous ai dit jusqu’à présent vouspermet de mieux en comprendre la réfutation, que cette réfutation met ànu l’erreur de ce système, que dans le monde on est obligé d’entendreencore des raisonnements analogues, et qu’il n’est pas inutile d’être enétat d’y répondre. Si l'on prend pour des réalités , dit Mercier de la Rivière,les faux produits de l'industrie, on doit, pour être conséquent, multiplierinutilement la main-d'œuvre pour multiplier les richesses.
La réponse vous sera facile à déduire de mes premières leçons. Unobjet manufacturé n’a pas une valeur parce qu’il a coûté de la peine. Il ena parce qu’t7 est utile. C’est cette utilité que l’on paie quand il a fallu qu’onla créât. Là où elle ne se trouve pas, il n’y a point eu de valeur produite,quelque peine qu’on ait jugé à propos de se donner. Et pour prouvercombien le raisonnement des économistes de la vieille école est vide desens, c’est qu’il peut être employé contre le travail qu’ils préconisent, toutaussi bien que contre celui des manufactures. Vous convenez, leur dirait-on , que le travail du cultivateur est productif : il n'a, en conséquence,qu'à labourer ses terres dix fois par an et les ensemencer aussi souvent,pour décupler le produit de son industrie. Ils se hâteraient de répondre,comme nous, qu’une façon qui ne sert à rien n’est pas productive, par laraison qu’on ne trouve personne disposé à la payer, et qu’il n’y a que cellequi est assez bien combinée pour créer une utilité que l’on puisse vendrequi soit productive en effet.
Adam Smith a employé une grande partie de son ouvrage à combattrece système, duquel il résultait, de l’aveu même des économistes du dix-huitième siècle, que chaque habitant de la France, le fort portant le