DES SYSTEMES SDK LA PRODUCTION TERRITORIALE. 213
tion. C’est une des parties les plus louches de la doctrine de cet acteur.
Quant au service que rend le capital dans les opérations productives,bien qu’il soit tout-à-fait analogue au service du sol, bien qu’il se fassepayer par les intérêts que le capitaliste retire de ses avances, Smith mé-connaît entièrement ce service, ou le confond avec le service industriel del’entrepreneur d’industrie.
D’autres ont prononcé plus nettement que le travail seul est productif,et que par conséquent aucun produit, aucune valeur ne naît de l’actiond’un fonds de terre. Voici ce que M. de Tracy dit sur ce sujet dans sonCommentaire sur VEsprit des Lois. Je le cite afin de vous rendre juges deses raisons.
« Dans nos facultés, dit-il, consistent tous nos trésors; l’emploi de ces« facultés, le travail, est la seule richesse qui ait par elle-même une va->■ leur primitive, naturelle et nécessaire, qu’elle communique à toutes les« choses auxquelles elle est appliquée... » Je remarquerai d’abord quececi u’esl encore qu'une assertion, que c’est précisément le point qu’il s’agitde prouver, et qu’il ne peut par conséquent servir de fondement à unepreuve. Dans tous les cas, je prendrai la liberté de représenter à l’estimableauteur,, qui a substitué tant d’idées justes aux brillantes erreurs de Mon-tesquieu , que le travail n’est pas la seule richesse qui ait par elle-mêmeune valeur primitive et nécessaire. C’est ici le travail de l’homme dont ilest question ; or, le travail de la terre, celui des animaux et des machines,ont une valeur aussi, puisqu’on y met un prix, qu’on l’achète.
Je défriche un bois ; je vends la coupe des arbres sur pied : ces arbresont une valeur avant qu’aucun travail humain y ail été consacré.
Un faiseur de bas au métier, qui n’est pas assez riche pour avoir un mé-tier à lui, le loue, et en paie 50 francs de loyer tous les ans : n’achète-t-ilpas, au moyen de ces 50 francs, le travail que ce métier peut exécuter dansl’année? son gain total se monte par supposition à 4,000 fr. ; mais il fauten déduire 50 fr. qu’il a payés pour le service rendu par le métier, pource que l’on peut appeler le travail du métier; il ne reste donc que 950 fr.pour le travail de l’ouvrier. Sa coopération dans la valeur produite a étéévaluée 950 fr., et la coopération de l’outil 50 fr.
Cest, dira-t-on, le travail de l'homme qui a fait l'outil que Von paieen payant son loyer.—Je ne saurais l’accorder. Le travail du constructeurdu métier ne vaut, au plus, que le prix d’achat de cet instrument ; le prixdu loyer est autre chose, de même que le loyer d’une terre est autre choseque le prix d’achat de la terre. Que l’on suppose, ce qui est ordinairement