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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE II.
le cas, que l’entretien du métier soit à la charge de l’ouvrier qui le prendà loyer; les dépenses qu’il fera pour le réparer pourront passer pour leremboursement d’une partie de sa valeur primitive ; mais ces dépenses nele dispenseront point du loyer,qui est le prix du service rendu par un ca-pital servant à la production sous la forme d’un métier.
Je suis donc fondé à dire que, dans l’exemple cité, sur une valeur pro-duite de 1,000 fr., 950 fr. ont été produits par l’ouvrier, et 50 fr. par l'ins-trument. Or, c’est cette coopération de l’instrument que j’appelle le tra-vail du capital t et j’en conclus que le fruit de ce travail est une richesseproduite qui n’est pas le fruit du travail de l’homme. Le travail humainn’est donc pas la seule richesse qui ail une valeur primitive et nécessaire.
Continuons à examiner les motifs de M. de Tracy :
« Plus frappés de la force végétative de la nature (qui semble faire des« créations en faveur de l’agriculteur) que des autres forces physiques àv l’aide desquelles s’exercent les autres travaux, les économistes du dix-« huitième siècle se sont persuadé qu’il y avait là un véritable don gratuit« de la part de la terre, et que le travail qui le provoque mérite seul le« nom de productif, sans faire attention qu’il y a aussi loin d’une botte« de chanvre à une pièce de toile, que d’un paquet de chenevis à une« botte de chanvre, et que la différence est tout à fait du même genre :
« c’est toujours le travail employé à la transmutation. »
M. de Tracy a raison contre les économistes, lorsqu’il dit, comme chosecertaine, que le travail qui change de la graine de chanvre en ülasse n’estpas plus productif que le travail qui change de la filasse en loil.e, en sup-posant la même augmentation de valeur dans les deux cas ; mais je croisqu’il a tort, lorsqu’il prétend qu’il n’y a rien de gratuit dans la coopérationdu sol. La terre fournit gratuitement à son propriétaire celte coopération(que nous avons nommée service productif du sol ) ; et le propriétaire nela cède pas gratuitement au fermier qui, à son tour, la fait payer au con-sommateur. Le consommateur d’une botte de chanvre paie donc l’actiondu fonds de terre aussi bien que les travaux des cultivateurs.
Je continue à citer M. de Tracy, parce que cette discussion éclaircit com-plètement la matière, et que son opinion, soutenue depuis en Angleterrepar des auteurs recommandables, tels que MM. Ricardo, Mill,MacCulloch,et d’autres, a fait quelque impression sur beaucoup d’esprits qui n’ontpeut-être pas envisagé la question sous toutes ses faces.
« Le préjugé d’une production gratuite' de la part de la terre, dit M. de« Tracy, a si bien tout embrouillé, et a jeté de si profondes racines dans