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Tome I.
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DES SYSTÈMES SUR LA PRODUCTION TERRITORIALE. 221

Du moment que les besoins et les richesses de la société sont tels, qu’elleconsent à payer les produits à un prix qui excède la valeur des avanceset l’intérêt du capital engagé, alors le propriétaire fait valoir son droit ; ildemande et obtient le prix de la coopération de son instrument ; de mêmeque le propriétaire d’un terrain qui se trouve enveloppé dans les agran-dissements d’une ville croissante, vend son terrain ou en lire un loyer,bien qu’il soit absolument nu. Un fonds de terre a la faculté de développerdes végétaux ou de porter des maisons ; mais cette faculté n’a une valeurque là où l’on a besoin d’en faire usage. Le sol alors devient un instrumentdont le service acquiert du prix , de même que la coopération des autresinstruments de l’industrie, de même que les facultés industrielles elles-mêmes. Si, grâce aux progrès de la société, un fonds de terre absolumentnu a une valeur vénale ou locative, le propriétaire auquel il appartient nese contente pas d’en retirer seulement le remboursement ou l’intérêt ducapital qu’on y répandra. S’il s’agit d’y construire un bâtiment, il n’en ferala dépense qu’autant que le loyer lui rapportera un revenu pour le fondsindépendamment de l’intérêt de son capital. Il y a donc un produit résul-tant des seules facultés productives du fonds de terre, quand les besoinsde la société réclamen t leurs concours. De ce que ces facultés ne produisentpas dans certains cas, il ne faut pas conclure qu’elles ne sont productivesdans aucun cas. Si un homme habile se trouve jeté dans un désert où sontalent ne peut être apprécié de personne, il pourra n’avoir aucune valeur ;mais si la civilisation arrive jusqu’à lui et l’entoure, ses travaux pourrontacquérir un très haut prix, et ses journées être chèrement payées. Serait-on fondé à dire que son travail n’est pas productif, parce qu’à une certaineépoque ce genre de travail n’avait dans le même lieu aucune valeur?

M. Buchanan, qui a publié à Edimbourg un Commentaire sur l’ouvragede Smith, reconnaît que le profit du propriétaire foncier, qu’il reçoit dufermier sous le nom de fermage (rent), naît du haut prix où les besoinsde la société portent les produits ruraux, mais il ne voit dans ce profitque le résultat du monopole que les lois sociales attribuent au proprié-taire. Il pense que sans ce monopole le blé coûterait moins cher. « Le« haut prix qui donne lieu au profit foncier, dit-il’, tandis qu’il enrichit« le propriétaire qui vend des produits agricoles, appauvrit dans la même« proportion le consommateur qui les achète. C’est pourquoi il est tout à

’ Tome IV, p. 134, de l’édition anglaise.