DES SYSTÈMES SUR LA PRODUCTION TERRITORIALE.
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du soleil, passer pour une richesse naturelle ; mais la terre ne saurait dé-velopper tout son pouvoir qu’au moyen de l’appropriation, qui fait de sesproduits des biens qu’il faut payer, et qui dès lors sont des richesses so-ciales.
Il y a dans le royaume de Naples, entre la chaîne de l’Apennin et la merAdriatique, d’immenses plaines traversées par VOfante, l’ancien Jufuie ;c’est là que se livra la fameuse bataille de Cannes, si fatale aux Romains.Lorque plus tard les Barbares envahirent l’empire romain, ils ravagèrentcette plaine jusqu’alors très bien cultivée. La population disparut, et leterrain demeura la propriété des princes qui se succédèrent depuis lorsdans le gouvernement du royaume de Naples. Le climat en est plus douxen hiver que celui des provinces voisines; de sorte que l’usage s’est établid’y envoyer hiverner les troupeaux qui ont passé la belle saison dans lesmontagnes de la Pouille. Ce canton, que l’on appelle le Tavogliere di Pu-glia, et qui n’a pas moins de 25 lieues de long sur 10 de large, est aban-donné aux seules productions spontanées de la nature, et la valeur de cesproductions est représentée par un droit que les troupeaux, en y entrant,paient au gouvernement, à tant par tête de bétail.
Ce droit, qui est une espèce de location, représente bien certainementle pouvoir productif du sol, puisqu’il ne se trouve là aucun travail humain,aucun capital engagé, dont on puisse payer un intérêt ; et en même tempsil faut bien que les propriétaires de troupeaux y recueillent un avantage,puisqu’ils envoient leurs bestiaux dans ce lieu sans y être forcés.
Cet exemple, en nous montrant que la puissance végétative de la terrepeut, dans un certain état de la société, avoir une valeur indépendamment| de tout capital répandu sur le sol, indépendamment d’aucun travail qui le| sollicite, nous permet d’apprécier combien un capital, combien l’industrieaugmentent les facultés productives du sol. Le droit que le gouvernementnapolitain perçoit, dans cette circonstance, sur les bestiaux que Ton conduitdans le Tavogliere, rapporte, au dire de M. Castellan 1 , 425,600 ducats(I million 800 mille francs). Tel est le produit brut d’une province en-tière, qui, si elle était cultivée, pourrait rapporter 32 millions de fermagesaux propriétaires du sol ; autant à peu près à ses locataires ; en outrenourrir une population de travailleurs de deux à trois cent mille âmes ;et, indépendamment de celte production toute nouvelle, le gouvernement,
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' Lettres sur l’Italie, tome I, page 202.
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