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Tome I.
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DEUXIÈME PARTIE. - CHAPITRE III.

qui ne retire que 1800 mille francs de cette province sous sa forme ac-tuelle, si elle était cultivée, en tirerait quatre ou cinq fois davantage pardes impôts même modérés. C’est ce que ne manquerait pas de faire ungouvernement qui entendrait quelque chose à l’économie des nations. Iltrouverait facilement des compagnies qui feraient l’avance des capitaux,pourvu qu’elles eussent une hypothèque sur le fonds.

De semblables abus se font remarquer dans la province d’Estramadureen Espagne, où se nourrissent des mérinos voyageurs ; aussi, cette pauvreprovince, qui pourrait entretenir deux millions d’habitants, selon Bour-goin, contient à peine cent mille feux.

Nous voyons aussi pourquoi la Tartarie et tous les pays parcourus pardes tribus nomades sont si peu peuplés. Ils vivent sur les seuls produitsspontanés de la nature; aussi, suivant l’observation qu’en fait M. de Sis-mondi, lorsque Gengis-Kan eut ravagé le Korasan, lorsqu’il eut renverséses trois capitales, et que, selon son expression, son cheval put parcourirsans broncher l’espace qu’elles avaient occupé, quelques centaines seule-ment de Tartares purent vivre, eux et leurs troupeaux, sur le même ter-rain qui avait nourri tout un peuple. Il n’y restait pas l’ombre d’un capital ;pas un cultivateur, pas un travailleur; et cependant le sol produisait en-core, puisqu’il nourrissait ses dévastateurs.

CHAPITRE III.

Du servage île la Glèbe.

Après avoir reconnu dans l'industrie agricole les services productifs,non-seulement de l’industrie, mais ceux des capitaux et des fonds de terre,quoique tous les trois aient été disputés par différentes sectes, nous pou-vons porter un jugement plus éclairé sur les diverses manières dont cestrois agents sont mis en oeuvre dans les entreprises agricoles.

C’est à la suite d’un contrat librement consenti qu’un entrepreneur deculture emploie des ouvriers qui conviennent avec lui d’un salaire ; c’estpar l’effet d’une convention qu’un propriétaire qui ne veut pas faire valoirson bien lui-même le confie à un fermier qui s’engage à lui payer une renteannuelle, ou bien à un métayer qui en partage avec lui les produits. Maisces différentes manières d’exploiter les propriétés foncières, que nousvoyons maintenant suivies dans les pays les plus riches de l’Europe,