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Tome I.
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CULTURE DU SUCRE;ESCLAVAGE DES NÈGRES.

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production qui donne de la perte ; et, pour que les auteurs de cette perle,c’est-à-dire, les colons, ne la supportassent pas, on l’a fait supporter auxconsommateurs français. La consommation actuelle du sucre en Franceest évaluée à cinq cent mille quintaux métriques ; or, si nous achetionscette quantité dans l’Inde ou ailleurs, à 50 francs meilleur marché, parquintal métrique, il est évident que, même en payant les mêmes droitsd’entrée, le quintal métrique nous reviendrait à 50 francs de moins : ce quinous procurerait une épargne annuelle de 25 millions, que nous pourrionsconsacrer à d’autres achats, à d’autres jouissances, sans que le commercefrançais gagnât moins, sans que le trésor public vît diminuer ses recettes.Il est même probable que le commerce et le trésor recevraient davantage;car une diminution d’un quart, sur le prix de cette denrée, en augmente-rait considérablement la consommation.

Devons-nous, demandera-t-on, sacrifier les intérêts des habitants de laMartinique et de la Guadeloupe, qui sont nos concitoyens, ou du moinsissus de nos concitoyens? Je demanderai à mon tour s’il faut sacrifier da-vantage les intérêts des habitants de la France, qui nous tiennent encorede plus près. Ne faut-il pas plutôt, loin de favoriser une culture fâcheuseavec laquelle il faut nécessairement qu’il y ail quelqu’un de sacrifié, la dé-courager, amener par degrés un changement de système?

11 le faut d’autant plus, que ce système défectueux ne peut lutter avecsuccès contre la force des choses. Malgré le sacrifice qu’on exige de nousen nous faisant payer le sucre plus cher que nous ne devrions le payer,malgré les frais de marine militaire et de garnisons, malgré les guerres quel’on nous force à livrer pour défendre nos îles à sucre', malgré les outragesdont on se rend coupable envers l’humanité pour en maintenir la culture,on ne peut soutenir ce système ; nos colons se ruinent , car ils s’endettenttous les jours davantage.

A quoi tiennent ces frais de production supérieurs à la valeur naturelle

1 Les régiments qu’on embarque pour ce service sont décimés par le climat,et n’y vont qu’avec une extrême répugnance. C’est même une question de droitpublic que de déterminer si la conscription militaire de tous les citoyens d’uncertain âge, et qui pourrait être justifiable par la nécessité de défendre son payscontre une invasion étrangère, l’est également lorsqu’il s’agit d’aller en Amériquepour soutenir de force un régime contre nature.