DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE VI.
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droit du plus fort, et qu’ils avaient rendues désertes. U en est résulté unsystème de culture qu’il convient d'apprécier dans un cours d’économiepolitique.
Avant que les principes de l’économie des sociétés fussent bien connus,on croyait qu’il convenait à une nation de cultiver, sur son territoire, lesdenrées de sa propre consommation, plutôt que de les produire sous uneautre forme, et de les obtenir par des échanges; c’est-à-dire, plutôt quede les acheter de la main des étrangers, môme lorsque l’on pouvait, parce dernier procédé, les obtenir à moins de frais. Conséquemment, on at-tachait une haute importance à posséder, dans les contrées équinoxiales,des colonies sujettes, où Ton cultivât ces denrées que l’Europe ne pouvaitpas produire. Depuis les derniers progrès des sciences économiques, aumoyen desquels on a pu se convaincre que tout progrès industriel con-siste à pouvoir acquérir, à un moindre prix, les memes produits, quelleque soit la voie par laquelle on se les procure ', la question s’est réduiteà savoir si le sucre, par exemple, revient moins cher, étant cultivé dansdes colonies dépendantes de notre nation, que lorsqu’on se le procure parla voie du commerce avec l’étranger.
Il y avait un moyen simple de décider la question. C’était d’assujélir àun droit égal tous les sucres, de quelque part qu’ils vinssent. Les consom-mateurs alors les auraient tirés des lieux qui les fournissent au meilleurmarché. Ce n’est point ainsi qu’on a fait. Pour nous obliger à préférer lessucres de nos colonies qui coûtent plus cher, on a chargé de plus grosdroits d’entrée ceux des contrées étrangères qui coûtent moins. La loi quinous régit en France, au moment où ceci est écrit, soumet les sucres quiviennent des possessions étrangères à un droit qui excède de 50 francspar quintal métrique le droit que paient les sucres qui viennent des co-lonies françaises. Et ce qui peut faire supposer que ceux-ci reviennentà 50 fr. par quintal métrique plus cher que les sucres étrangers, c’est qu’ils’en trouve toujours quelque peu de ces derniers qui consentent à suppor-ter ce droit, et qui peuvent néanmoins se vendre sur notre marché aumême prix que les sucres des îles françaises. S’ils ne payaient qu’un droitégal à ces derniers, on pourrait donc nous les fournir à 50 francs meilleurmarché.
On a, par celte politique, encouragé uneproduction désavantageuse, une
' Voyez, ou chap. 9 de la 1” partie, ce qui constitue les progrès de l’industrie.