DES MOYENS DE TRANSPORT.
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plaçant un poids d’eau égal au fardeau qu’on veut transporter. Pour portermi fardeau de cent mille kilogrammes, il suffît que le bateau enfonce dansl’eau assez pour occuper la place de cent mètres cubes d’eau. Il ne fautpas pour cela un fort grand bateau ; il y en a communément sur les ri-vières de France qui déplacent une masse d’eau trois fois aussi considé-rable, et dont par conséquent le chargement ne pourrait être porté surterre, à moins d’y employer 60 chariots à quatre roues, qui coûteraientfort au-delà du prix d’un bateau. Mais la principale économie du transportpar eau vient de la facilité du mouvement de translation en avant, le frotte-ment des parois du bateau contre l’eau n’étant pas comparable aux frotte-ments des 240 roues des 60 chariots; aussi cinq chevaux suffisent pourfaire avancer, sur une eau tranquille, un fardeau de 300 mille kilogram-mes, tandis qu’il en faudrait trois cents si le même fardeau était portésur des roues. Cependant, il ne faut pas que l’on soit obligé d’avancer troprapidement, car des expériences récentes ont prouvé que la résistanceopposée par l’eau à la proue du bateau croît dans une proportion beau-coup plus rapide que sa vitesse '.
La nature nous offre, dans les fleuves et les rivières, des canaux natu-rels dont tous les peuples industrieux se sont empressés de profiter; maisfa navigation des rivières est souvent accompagnée d’inconvénients sigrands, que, s’ils ne sont pas suffisants pour en interdire l’usage , ils ymettent assez d’obstacles pour qu’on ail vu (comme par exemple, entreRouen et Paris), des transports de marchandises s’établir par terre à côtéde rivières navigables. Ces inconvénients sont dus principalement aux cir-cuits et détours que font les rivières, et qui prolongent beaucoup la routeà parcourir; à la rapidité trop grande de leurs cours, soit dans toute leurlongueur, soit dans certains passages en particulier; enfin, à l’inégalité deleurs eaux, qui sont tantôt trop hautes, tantôt trop basses pour naviguer.Ces obstacles, dans bien des cas, peuvent être vaincus par des travauxd’art; et c’est probablement à l’insuffisance de ces travaux qu’il faut at-tribuer la rareté des embarcations qui parcourent nos rivières, même àl’approche de nos villes. On ferait probablement un grand usage de ce
' Des expériences plus nouvelles encore ont montré toutefois que, si la vitesseest portée jusqu’à un certain point, le bateau se soulève de lui-même à la sur-face de l’eau, et la résistance diminue alors de beaucoup. C’est là ce qui a faitétablir des bateaux de poste à grande vitesse sur quelques canaux d’Angleterre.
[Note de l'èdileur.[