DES MOYENS DE TRANSPORT.
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résulté de cette économie dans les transports, que Ton aurait fait un bienplus grand usage de la navigation que de la voie de terre, ce qui auraitentraîné moins de frais dans la production commerciale de beaucoup demarchandises; par conséquent, un accroissement de richesse pour un plusgrand nombre de producteurs et de consommateurs, des routes meilleuresparce qu’elles auraient été moins fatiguées par le roulage, et enfin desdébouchés nouveaux pour des produits qui ne peuvent pas supporter degros frais de transport, comme les produits des terres.
Lorsque les voies qui servent à communiquer sont peu sûres, soit enraison de leur délabrement, soit à cause d’une mauvaise police et d’unemauvaise législation , les marchandises sont plus chères ; car il faut bienque le prix de celles qui parviennent couvre les pertes occasionnées parcelles qui ne parviennent pas ; il faut que leur prix indemnise les produc-teurs des droits et des avanies qu’on a pu leur opposer au passage; oumême des frais du retard, si le dommage se borne là. Autrement, il leurserait impossible de continuer la production. Cela donne la mesure dutort qu’au temps de la féodalité les nations recevaient des abus d’autoritédes barons et autres seigneurs, qui s’arrogeaient le droit de rançonnerles marchands lorsqu’il passaient sur leurs terres. Ces péages s’établis-saient particulièrement aux défdés des montagnes, aux passages des ri-vières, afin que les marchands ne pussent pas s’y soustraire.
Plus tard, les douanesintérieures et les droits qu’on payait pour aller d’uneprovince dans l’autre, avaient des inconvénients du même genre. Tout celaajoutait aux frais de production, et les produits étant plus chers qu’ils ne de-vaient l’être, la demande et la consommation étaient beaucoup moindres
Il vous a été démontré que la diminution des frais de production et l’amé-lioration des produits sont un seul et même avantage sous deux noms dif-férents ; or, les améliorations sont ce qui nous tire de la barbarie ; les obs-tacles aux améliorations sont ce qui nous y retient. On ne devrait jamaisperdre de vue que, dans l’économie des nations, la production estl’essen-
1 Les droits d’octroi rétablis sous le régime impérial, et par suite les visitesqu’on fait aux portes de nos villes, par les retards, les frais et les avaries qui enrésultent pour le commerce, lui coûtent beaucoup plus qu’ils ne rapportent aufisc de la ville et au fisc de l’État. C’est une vue déplorable que celle de ces groschariots qui arrivent dans l’intérieur de Paris, avec leur chargement en désordre,leurs caisses déclouées, leurs ballots percés de coups de lance, comme s’ils avaientfait la rencontre de l’ennemi.