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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.
L’administration est quelquefois assez peu éclairée sur ce qui fait laprospérité de l’État, pour augmenter les droits sur la navigation intérieurejusqu’au point où ils peuvent aller sans pourtant atteindre les frais duroulage ; et elle est soutenue dans ses vues étroites et fiscales par desadministrations départementales et des législateurs qui n’en savent pasdavantage. Ils s’imaginent que la navigation est tout ce qu’elle peut être,pourvu que le roulage soit encore plus dispendieux quç la navigation.
Ce raisonnement suppose autant d’ignorance en économie politique,que celui dont on se serait étayé pour frapper d’un droit l’usage du métierà tricoter lorsqu’il fut inventé, c Le métier à tricoter, eût-on dit, permet« de faire, en un jour, une paire de bas qui demandait à l’aiguille huit« jours de façon. Mettons, sur les métiers, un droit qui soit équivalent à« six journées de travail ; comme le métier en épargne sept, on préférera« toujours se servir du métier, et nous gagnerons le droit. » Ce systèmeferait perdre précisément l’avantage dont la nation a joui lors de l’inventiondu métier à bas ; avantage qui consiste en ce que le bon marché des bas adécuplé la production et la consommation de cet utile vêlement. Les con-sommateurs y ont gagné une abondance de jouissances auxquelles ils nepouvaient pas atteindre auparavant ; les producteurs y ont gagné un genrenouveau de manufacture ; il y a eu tout à la fois augmentation de produc-tion et de consommation ; et ces avantages auraient été réduits à rien, siTon eût réussi à rendre les frais de production des bas au métier aussiconsidérables, ou presque aussi considérables, que les frais de productiondes bas tricotés.
De même, je connais une rivière où, sous prétexte d’entretenir prati-cable le lit de la rivière, on perçoit par an 96,000 francs de droits, tandisque les frais d’entretien ne se montent pas à 6,000 francs. Si Ton avaitborné l’ardeur du fisc à ces 6,000 francs, ou plutôt, si Ton eût mis le fiscentièrement hors de la question, et si Ton eût donné en entreprise les tra-vaux nécessaires pour tenir la rivière constamment navigable, il serait
« ne s’arrête pas à tant de formalités, et où Ton croit encore que l’action de la« police doit s’exercer sans qu’on s’en aperçoive, ou bien enfin qui ne connaissent« pas nos lois, étaient journellement exposés à des recherches désagréables.« Pour les y soustraire, les conducteurs des voitures d’eau préfèrent maintenant,« pour les repas, pour la nuit, ou dans les cas forcés, s’arrêter dans les villes ou« villages de la rive droite. On sent combien cela nuit aux aubergistes de la« rive française du Rhin. »