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Tome I.
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DES ARGUMENTS EN FAVEUR DES CORPORATIONS. 533

mais ils en seraient les premières viclimes ; ils y perdraient leur fortune. Demauvais ouvriers gâteraient leurs matériaux, et fabriqueraient des produitsqui ne pourraient pas se vendre. Aucun abus pareil ne se fait remarquerdans les lieux où la liberté d’industrie existe depuis long-temps; c’est dansces endroits au contraire que les arts font le plus de progrès. En Angle-terre, il n’y a pas d’apprentissage forcé dans les villes qui fournissent leplus de produits au commerce du monde, et dont la population en consé-quence a triplé ou quadruplé depuis cinquante ans : à Manchester, à Bir-mingham , à Glasgow. Chaque ouvrier cherche à se rendre habile pourêtre employé. Un règlement offre-t-il un stimulant pareil à celui-là '.

Les maîtres ont prétendu qu’ils étaient obligés de se rassembler pourrésister aux injustes prétentions de leurs ouvriers; mais si l’on trouve ré-préhensibles les coalitions d’ouvriers qui se concertent pour faire valoirleurs droits en commun, pourquoi ne trouve-l-on pas telle la réunion desmaîtres qui s’entendent pour refuser un salaire suffisant? Les maîtres, parleur fortune, par leur position sociale, ont déjà des moyens d’influence qu'ilne convient pas de fortifier. Toute espèce de marché doit être libre. Aumilieu de la lutte des intérêts, si l’autorité se range d’un côté, l’autre estinfailliblement opprimé. Or, c’est se ranger du côté des maîtres, que d’au-toriser leurs coalitions quand on ne permet pas celles de leurs ouvriers.

Le gouvernement est le protecteur des intérêts de tous. Dans ce cas-ci,ce ne sont pas seulement les intérêts de la classe ouvrière qu’il s’agit deprotéger : ce sont les intérêts généraux, ceux de la société tout entière.Comment donc est-il arrivé que les gouvernements aient pu, en tant delieux, protéger des institutions qui n’étaient que des conjurations contrele bien public? C’est que les gouvernements ne comprenaient pas bien eux-mêmes ce que ces institutions avaient de fâcheux. Dans cette ignorance,les corporations achetaient leur appui par quelques sacrifices pécuniairestoujours si agréables à l’autorité. Elle trouvait en outre dans les commu-nautés des moyens de domination qui ne lui plaisent pas moins. Le gou-vernement a toujours plus d’influence qu’il n’en faut pour faire parveniraux honneurs obscurs d’une communauté de marchands et d’artisans les

1 La principale raison qui a rendu Glasgow etPaislcy deux grandes villes demanufacture, suivant un écrivain très judicieux du pays, a été l’admission sansformalités de tous les ouvriers qui sont allés y chercher de l’ouvrage. Voyez leNarrative of the condition oj lhe manufacturiruj population , by Alex. Richmond ,page L