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QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE X.
vite, devrait-on en être étonné ? Mais pour nous restreindre à l’exemplede la France, le fait que les fraudes et les pertes sont plus nombreusesqu’autrefois est décidément contesté par les meilleurs observateurs et parles personnes qui ont le plus d’expérience.
Que l’industrie et la production aient beaucoup augmenté en Francedepuis la révolution, c’est ce qu’on ne peut nier. S’il fallait apporter lapreuve d’un fait qui frappe tous les yeux, il suffirait de comparer les étatsde population. La population augmente en général en proportion desmoyens d’existence; les moyens d’existence, les produits, se sont doncaccrus, depuis la suppression des maîtrises, d’un cinquième, puisqu’ilsfournissent à une population d’un cinquième plus nombreuse, non-seule-ment les moyens de subsister, mais de subsister avec beaucoup plus d’ai-sance ; ce qui prouve encore que les causes de ruine ne se sont pas multi-pliées dans une aussi forte proportion que les moyens de prospérité.
Quant à la mauvaise foi, elle a toujours existé; toujours il a fallu con-naître la marchandise et vérifier les échantillons pour n’êtrc pas trompé.Jamais la surveillance d’une corporation n’a procuré une garantie au publiccontre les mauvaises qualités, parce que l’intérêt des maîtres est pareil,et qu’il leur convient de se soutenir les uns les autres. La véritable garantiedu public, c’est de sp rendre connaisseur dans les produits qu’il est appeléà consommer, et de n’accorder sa confiance qu’à des manufacturiers et àdes marchands d’une bonne foi éprouvée.
Il convient de remarquer qu’une diminution de qualité dans une mar-chandise n’est point une fraude quand clic est accompagnée d’une dimi-nution correspondante dans le prix. Les taffetas ne valent plus en qualitéce qu’ils valaient autrefois. Les fabricants épargnent sur la quantité de soiequ’ils y font entrer; mais aussi les taffetas se vendent moins cher. Ils sevendent moins cher, même lorsque leur prix nominal n’a pas changé, sila même quantité de monnaie a moins de valeur qu’elle n’en avait, si lesfrais de production sont accrus par de plus fortes contributions, etc. Untaffetas aussi fort qu’on les faisait il y a cinquante ans, et qu’on vendait5 francs l’aune, reviendrait aujourd’hui à 10 francs. Si on le vend encoreau prix de 5 francs, quoique bien inférieur en qualité, il vaut encore sonprix. La concurrence nous garantit qu’il ne se vend pas actuellement au-dessus de sa valeur réelle; et il convient peut-être au consommateur del’avoir moins bon et de le payer moins cher.
11 est à craindre, dit-on, que des hommes n’aient l’impudence d’exercerdes métiers qu’ils ignorent et ne prennent des ouvriers inexpérimentés;