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QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIV.
très porté à croire qu’il y a du désavantage à les vendre à l’étranger avantqu’ils aient reçu toutes les façons qu’ils sont susceptibles de recevoir, etavant qu’ils soient parvenus à leur plus grande valeur. M. Chaptal, dansson Industrie française f , nous dit « que ce n’est pas sur la quotité de la« valeur comparée des échanges, mais sur la nature des objets échangés, »qu’il convient d’établir les stipulations commerciales avec les autresnations; et il fonde son opinion sur ce calcul : Qu’une nation agricole livrepour un million de laines à une nation manufacturière, celle-ci, avec lequart de cette laine fabriquée en étoffes, va payer la nation agricole.
Ceux qui soutiennent cette opinion oublient que les gains ou les pertesque fait une nation, aussi bien qu’un particulier, ne sont point en raisondu poids ou du volume des choses qu’ils donnent ou reçoivent, mais enraison de leur valeur. Autrement la nation qui donnerait quatre quintauxde fer pour une once d’or se ruinerait; car elle donnerait en poids 6400fois plus qu’elle ne recevrait.
Lorsqu’une nation agricole vend à une nation manufacturière pour unmillion de laines en balles, la nation manufacturière, bien qu’elle donneen échange une matière qui ne pèse que le quart de cette laine, lui donnepour un million de produits, pour un million de valeurs.
On dit à ce sujet qu’il y a bien plus de main-d’œuvre et de profitsgagnés dans la partie d’étoffe qui vaut celte somme, que dans la matièrepremière qui la vaut également. Il est possible qu’il y ait plus de main-d’œuvre dans une partie de draps d’un million que dans une partie de lainede même valeur, mais il n’y a pas plus de profits gagnés par la nation. Lavaleur tout entière d’un produit se partage entre les individus qui l’ontcréée. Une partie de laine ne vaut un million que parce qu’elle a coûté cettesomme pour être produite; car si l’on pouvait la produire pour 900 millefrancs, il se trouverait des entrepreneurs qui la donneraient pour 900mille francs. La valeur indique les frais de production d’un produit brutou manufacturé, et les frais de production se composent de profits payés.Quand nous livrons à l’étranger une partie de laine d’un million, il fautqu’il paie cette somme, soit à ceux qui ont fourni leurs terres et leurs ca-pitaux, soit à ceux qui ont fourni leurs bras et leur intelligence à l’effetd’opérer cette création. Il en est exactement de même que lorsque nousvendons à l’étranger une partie de draps d'un million. Il nous paie dansles deux cas le prix des services productifs rendus, soit par nos terres, soit
’ IV e partie, ch. 3.