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Tome I.
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PROHIBITION DES PRODUITS MANUFACTURÉS.

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par nos capitaux, soit par notre intelligence et nos bras. Dans les deuxcas ce ne sont pas exactement les mêmes services productifs que nous ven-dons; mais ce son t nos services productifs, et nous en vendons pour la mêmevaleur; conséquemment nous gagnons au total un profit pareil.

Il est vrai que dans les deux cas ce ne sont pas les mêmes personnesqui reçoivent les profits; mais toujours sont-ce des concitoyens, et la nationen masse a gagné autant dans un cas que dans l’autre. Nous examineronsbientôt ce qui résulte de la distribution des profits à telle classe de per-sonnes plutôt qu’à telle autre; dans ce moment nous cherchons à savoirquel commerce est le plus avantageux à la nation en masse. Il est évidentque ce qui lui convient le mieux c’est de multiplier ses affaires lucrativeset de vendre le plus possible de ses services productifs quels qu’ils soient;car ce sont eux qui lui procurent des bénéfices. Or, le régime qui favorisele plus les développements de l’industrie et des affaires lucratives, n’esl-ilpas celui où l’on permet à chacun de vendre et d’acheter ce qui lui con-vient, sans le brider par aucune prohibition, et quelle que soit la marchan-dise? Pour l’intérêt d’une nation, la forme des produits n’est d’aucune im-portance , mais leur valeur; car c’est leur valeur qui la fait perdre ou ga-gner. Si l’on force les gens de vendre ce qu’il leur est moins avantageuxde vendre, et d’acheter ce qu’il leur est moins avantageux d’acheter, ilsvendront et ils achèteront incontestablement moins et avec moins deprofits.

Consulter des négociants, consulter des manufacturiers sur les impor-tations et les exportations qui donnent le plus de profits, est un pauvreexpédient; car le nombre de ceux que l’on peut consulter est borné re-lativement à l’immense nombre d’entreprises industrielles dont chaqueproduit est le résultat. On n’a par ce moyen que des documents imparfaitset toujours viciés par l’intérêt personnel, chacun étant intéressé à rejeterles obstacles sur la roule du prochain pour en débarrasser la sienne. Lefabricant de mousseline conseillera toujours de laisser entrer les colonsfilés de l’étranger; le fabricant de fils de colon conseillera toujours de lesprohiber. Cependant, comme il faut bien mettre des droits, ne fût-ce quepour subvenir aux dépenses de l’État; comme une liberté intempestivepourrait avoir aussi des inconvénients, et qu’il faut éviter la ruine des éta-blissements qui se sont formés sur la foi même d’une législation imparfaite,il est bon de consulter les industrieux, non pas précisément pour suivreleurs conseils, mais pour connaître les inconvénients de chaque remède,et administrer celui qui blesse le moins les intérêts privés.