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CHAPITRE XXVI.
QUATRIÈME PARTIE. —
Les autres contrées, qui composent environ le tiers de ce qu’on peutregarder comme leurs possessions, sont partagées en un grand nombrede petites principautés, administrées sous différents titres de nababs, derajahs, par des petits princes qui, au moyen des traités conclus avec eux,gouvernent leurs Étais sous le bon plaisir des Anglais. Le gouvernemententretient auprès de la plupart d’entre eux, sous le prétexte de les pro-téger, un résident et quelques troupes, presque toujours européennes,ou tout au moins commandées par des officiers européens ; vain hommagerendu à la légitimité des princes et aux préjugés des peuples.
Ce résident correspond directement avec le gouverneur général et in-flue puissamment, comme on peut le croire, sur les déterminations duprince. Lorsque celui-ci commet des injustices ou des cruautés tropcriantes, on l’interdit, et un autre membre de la famille gouverne en sounom. Quand celte mesure répressive ne suffit pas, le résident, au nom dugouverneur général, nomme les ministres eu conservant les formes del’administration en usage dans le pays. Enfin, lorsque la province chercheà secouer le joug et veut s’affranchir des subsides qu’elle s’est obligée depayer aux Anglais, elle cesse d’être traitée en pays allié ; on la déclareconquise, et l’on y envoie des administrateurs et des juges anglais.
C’est évidemment le sort qui est réservé à la totalité de l’Indoustan. Euattendant, il est absolument interdit à ses princes d’entretenir des troupesautrement que pour la décoration de leur trône ; il leur est interdit de sefaire la guerre entre eux. La compagnie doit être l’arbitre de tous leursdifférents. C’est en partie cette politique qui Ta successivement renduemaîtresse du territoire, et qui a beaucoup amélioré le sort des peuplesvictimes autrefois des guerres continuelles que se livraient leurs maîtres.Ils paient aux Anglais des tributs énormes, car on estime que les impôtss’élèvent à la moitié du produit des terres ; mais au moins les Anglais pro-tègent ce qu’ils leur laissent ; tandis que leurs anciens maîtres leur pre-naient probablement tout autant et laissaient piller le reste 1 . Il n’y aurabientôt dans l’Indouslan d’autres militaires que ceux qui, soit Indous,soit Anglais, sont à la solde de la compagnie. La sûreté intérieure y ga-
1 « Comme il n’est pas de pays au mondç plus sujet à révolution que celui des« Indes, soumis à des maîtres dont le gouvernement est une véritable anarchie,»< le possesseur duTief, ainsi que son fermier, incertains de leur sort, ne pensent« qu’à dépouiller leurs terres et ceux qui les cultivent, sans jamais y faire au-« cune amélioration. » (Poivre, OEuvres complètes, page 98.)