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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE IV.
véritable diminution dans la somme totale des revenus de la nation, etune diminution qui, grâce à la méthode qui fait de la valeur la mesure dela richesse, peut être appréciée avec des chiffres.
Cette théorie lie le principe qui fait consister les richesses dans les va-leurs avec celui qui les fait consister dans les utilités. Elle est fondamentaleen économie politique. Il n’est pas possible, messieurs, dans l’évaluationdes richesses, de faire abstraction de la valeur, et de se contenter de dire,comme on le fait encore tous les jours, que les vraies richesses sont lesdenrées sans parler de ce qu’elles coûtent. Quiconque écarte la considé-ration de la valeur n’évalue rien, et par conséquent n’évalue pas les ri-chesses. Mais aussi il faut évaluer tout, c’est-à-dire le revenu comme lesproduits; et l’évaluer sur le même pied, c’est-à-dire d’après la quantité deproduits que la chose évaluée peut procurer.
C’est ainsi que j’établis ici la valeur du revenu. Elle se proportionneà la quantité des objets de consommation qu’il peut procurer, soit qu’onobtienne directement ces objets sans les acheter, comme notre cultivateuraméricain ; soit qu’on obtienne les objets de consommation après avoirdénaturé ce môme revenu par des ventes et des achats, comme a fait notreproducteur de safran, comme font les producteurs d’étoffes, de chapeaux,de produits, quels qu’ils soient, qu’eux-mcmes ne consomment pas.
Si, comme nous venons de le voir, l’importance des revenus dépend duprix des objets de consommation que ces revenus doivent acheter, nousserons forcés de convenir que cette importance varie perpétuellement,car le prix des objets de consommation varie perpétuellement. Mon re-venu des premiers mois de l’année, sans changer de quotité ni de nature,peut devenir moindre dans les derniers mois- de la même année, si plu-sieurs des objets de ma consommation renchérissent ; tout comme monrevenu peut augmenter, si les objets de ma consommation diminuent deprix. Ce revenu se composera néanmoins toujours du même nombre d’écus.
Il deviendra moindre aussi, s’il arrive que la valeur delà monnaie décline.C’est ce qui est arrivé en Angleterre dans les premières années de ce siècle.On avait adopté un papier-monnaie, les billets de banque. La banque enavait multiplié la quantité et en avait fait décliner la valeur environ d’unquart ; tellement qu’avec un billet d’une livre sterling on ne pouvait plusacheter de toute espèce de marchandise qu’environ les trois quarts de cequ’on en pouvait obtenir lorsqu’on les achetait en livres sterling d’or. Dèslors, tous ceux dont le revenu était stipulé en monnaie, comme les rentiers