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DES PROFITS DE L’INDUSTRIE EN GÉNÉRAL.
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Ces entrepreneurs sont eux-mêmes, pour ce qui les regarde, exacte-ment dans le même cas. Au village, une marchande en boutique peut secontenter d’aller vêtue d’un casaquin et d’un bonnet rond ; dans nos villes,elle a besoin d’être parée derrière son comptoir presque aussi bien quepour aller au spectacle. Quand un commerce de détail ne permet pas àune marchande d’être ainsi vêtue, il est abandonné ; il ne se présentepersonne pour le faire ; l’offre de ce genre de service est retirée de la cir-culation.
Un négociant est obligé, par les mœurs de sa ville et de son pays,d’avoir un certain appartement, de recevoir à sa table certaines per-sonnes, d’avoir sa femme et ses enfants ajustés d’une certaine façon. Sison commerce ne lui permet pas d’en faire la dépense, il y renonce ; caril lui serait trop désagréable de le faire autrement.
De semblables motifs bornent ainsi l’offre qui est faite des servicespersonnels dans toutes les professions, jusqu’à ce que les profits indus-triels s’élèvent au point de les payer sur un pied que rendent nécessaire,ainsi que je viens de le dire, les mœurs et les habitudes de chaque pays,de chaque localité.
Quand les besoins des industrieux sont poussés trop loin, qu’arrive-t-il?Les produits, qui sont le résultat des services industriels, deviennent tropchers, comme ils le deviennent également par l’effet des impôts trop con-i' sidérables; et l’effet ultérieur est le même que celui des impôts : ils portentL le prix de certains objets au delà de ce que leur utilité vaut. Le sacrificefil auquel l’acquéreur est alors obligé de consentir pour se les procurerexcède la satisfaction qu’on peut attendre de leur consommation ; la de-mande qu’on en fait diminue; il y en a moins de produits et moins deconsommés; le pays est moins prospère. C’est un des inconvénientsqu’éprouve une nation où le besoin du luxe et des fortes dépenses s’in-troduit dans la classe industrieuse.
Par un excès contraire, les producteurs peuvent être forcés de se con-tenter de profits suffisants pour conserver leur existence, mais non pourleur en laisser goûter les douceurs. Tel est le sort de plusieurs classesd’hommes dans les États de l’Orient, et notamment dans cette Égypte oùun pacha se sert de son pouvoir politique pour se rendre maître de tousles prix.
Tel est aussi le sort du paysan d’Irlande, que de mauvaises lois et demauvaises habitudes, entretenues par son ignorance, obligent de vivre depommes de terre. Le monde fournit des exemples de toutes les misères ;
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