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Tome II.
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ÉVALUATION DES FACULTÉS INDUSTRIELLES.

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faix, la beauté d’une courtisane, dont l’un et l’autre tirent parti pour sefaire un revenu, sont eux-mêmes des avantages qu’ils ne doivent pas enentier à la nature. N’a-t-il pas fallu qu’eux, leurs parents, ou le public,fissent les frais de leur entretien et de leur développement, jusqu’à ce queleurs profits pourvussent à leur existence? Le montant de ces avances estI un capital dont la nature ne leur a pas fait présent, comme elle leur afait présent de la force et de la beauté. Il y a donc, même dans les facultésnaturelles, une valeur qu’il a fallu payer.

Quand un peintre, un médecin, un avocat célèbres, gagnent quarantemille francs tous les ans, il faut considérer ce revenu comme étant en partiel’intérêt viager du capital consacré à leur éducation et à leurs éludes, eten partie le revenu d’un fonds naturel approprié, qui est leur talent. Cefonds ne peut pas être apprécié d’après sa valeur échangeable, puisqu’ilest inaliénable; mais il peut être apprécié d’après le revenu qu’il rapporte.Ainsi, lorsque la famille d’un avocat a dépensé pour son éducation qua-rante mille francs, on peut regarder celte somme comme placée à fondsperdus sur sa tête. Il est permis dès lors de la considérer comme devant

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■V rapporter annuellement quatre mille francs. Si l’avocat en gagne trente,il reste donc vingt-six mille francs pour le revenu de son talent personneldonné par la nature. A ce compte, si l’on évalue au denier dix le fondsnaturel dont la nature lui a fait présent, il se monte à deux cent soixantemille francs; et le capital que lui ont donné ses parents en fournissant auxfrais de ses études à quarante mille francs. Ces deux fonds réunis com-posent sa fortune, laquelle est tout entière placée à fonds perdu sur sa tête.

Pour que les familles qui font les frais d’une élude coûteuse ne soient pas1' en perte, il convient d’observer que l’intérêt de leurs avances est impar-| faitement payé par un simple intérêt viager. Cet intérêt pourrait suffire| pour les indemniser de leurs avances, si tous les jeunes gens qu’on élèveI parvenaient à l’âge où ils peuvent retirer les fruits de leur éducation, et| si chacun d’eux réussissait assez bien pour pouvoir gagner un intérêt viager| de ce placement. Mais plusieurs d’entre euxmeurent avantl’âge d’homme,I et plusieurs autres ne tirent jamais un sou de la profession pour laquelle1 ils ont été élevés. Dans ce cas-là les parents ont perdu leurs avances. Il| faut donc qu’ils soient indemnisés, non seulement de leurs avances, maisI encore du risque auquel ils se sont exposés de les perdre. Si les produits! ne procurent pas le dédommagement de ce risque, les parents sacrifientune partie de leurs fonds, et la société une partie de ses richesses.

On peut remplacer toutes ces évaluations par d’autres que l’on jugera