DES PROFITS DE LA CLASSE OUVRIERE.
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Quand, au contraire, la demande de travailleurs reste en arrière de laquantité de gens qui s’offrent pour travailler, leurs gains déclinent au-dessous du taux nécessaire pour que la classe puisse se maintenir enmême nombre. Les familles les plus accablées d’enfants et d’infirmités dé-périssent; dès lors l’offre du travail décline; et le travail étant moins; offert, son prix remonte.
Vous voyez par là, messieurs, qu’il est difficile que le prix du travail•J. du simple manouvrier s’élève ou s’abaisse longtemps au-dessus ou au-
I dessous du taux nécessaire pour maintenir la classe au nombre dont onabesoin. D’où nous pouvons tirer cette conclusion, que le revenu du simplemanouvrier ne s’élève guère au-dessus de ce qu’il faut pour entretenir lesfamilles.
Je sais qu’il y a dans les halles, sur les ports, des hommes de peine| dont les gains excèdent quelquefois ceux d’un simple manœuvre; maisremarquez que ce sont des hommes de choix pour la force, ou l’intelli—| gence, ou la fidélité ; ou bien qu’ils ont un monopole, qu’ils forment unej corporation, genre d’abus qui retombe toujours sur le consommateur.Après le travail du simple manouvrier, nous trouvons celui de l’hommede métier, de l’homme qui, après un apprentissage plus ou moins long,est capable, par exemple, d’élever un mur d’aplomb, de scier un arbreen planches régulières, d’assembler une charpente, de coudre des vête-ments, etc. Cette espèce de travail est constamment un peu plus chèreque l’autre ; car il ne suffît pas, pour créer un homme de métier, de créerun homme adulte : il faut, de plus, que cet homme ait un certain degréd’intelligence cl d’adresse qui, quoique fort ordinaire, ne se rencontrepas généralement chez tous les hommes ; il faut, en outre, que les fa-milles qui fournissent cette qualité de travail fassent quelque frais d’ap-’t prentissage, et, par conséquent, un peu plus de dépense pour élever la| famille. Si leurs gains ne suffisaient pas à cette dépense, on ne trouveraitfbienlôt plus assez d'ouvriers de métier ; ce qui ferait remonter leur sa-llaire à un taux suffisant pour en conserver le nombre. Là où l’on trouvet de simples manœuvres pour 30 sous par jour, on ne peut pas se procurerdes ouvriers maçons ou menuisiers pour moins de 50. Mais en mêmeà temps le salaire des gens de métier ne peut pas s’élever au-dessus d’un( certain taux (comme, par exemple, le double du salaire d’un homme de■ peine) ; parce qu’alors leur classe se recrute aux dépens de cette dernière,où il se rencontre toujours des jeunes gens un peu plus intelligents, unpeu plus dégourdis que les autres, qui ont bientôt fait un apprentissage.