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Tome II.
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DES PROFITS DE LA CLASSE OUVRIERE.

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riser cette multiplication, c’est fournir de nouvelles victimes à la misère.

On ne peut pas approuver de même les mesures coercitives et prohibi-tives que M. de Sismondi propose pour limiter le nombre des ouvriers,et pour obliger les chefs d’entreprises à les entretenir quand l’ouvragemanque. Nous y reviendrons en traitant de la population '.

1 L’amélioration du sort des ouvriers, le moyen de leur faire revenir unepart tout à fait équitable dans le partage des richesses qu’ils contribuent à pro-\ duire, a été signalé avec raison comme offrant de nos jours le problème le plus

! important de l’économie politique pratique ; la solution de cette grande questionréclame le concours de la politique proprement dite et de la morale, puisqu’ils’agit par le fait de perfectionner les institutions sociales. C’est à tort, d’un autreV côté, que l’on a prétendu, jusqu’à ce que cette question ait été résolue, pouvoircontester à l’économie politique son existence comme corps de science, et qu’on: a voulu chercher à la faire naître de l’invention d’un ordre social nouveau,; d’une utopie plus ou moins ingénieuse sur l’organisation industrielle. L’éco-nomie politique, comme toutes les sciences positives, examine les faits dans cequ’ils ont été, dans ce qu’ils sont, dans leur liaison les uns avec les autres,dans la déduction logique de leurs conséquences. C’est ainsi qu’elle peut indi-quer les points essentiels au maintien et au développement des société hu-maines; elle démontre, par exemple, la nécessité de reconnaître et de res-pecter le droit de propriété si l'on veut voir les richesses se créer et s’accroître ;de même, elle montre les dangers des mesures qui tendent à protéger de cer-taines productions et de certains producteurs aux dépens de tous les autres.

On a vu, dans les chapitres précédents, l’auteur reprocher au système ex-clusif et protecteur des douanes de pousser à l’accroissement de la populationouvrière des villes, au delà de ce qui résulterait du cours naturel des choses,si les forces productives du pays n’avaient pas dévié de leur tendance natu-/ relie. Ailleurs il a signalé l’épargne comme le meilleur moyen d’améliorer le, sort des travailleurs. Déjà, en effet, dans les départements formés de l’ancienne’’ Alsace, les caisses d’épargne se multiplient, et le sort des travailleurs s’amé-; liore; il faut espérer que la lumière pénétrera dans le Nord de la France etque tous les manufacturiers sans exception, en prenant des idées plus élevées,

' comprendront qu’il est de leur propre intérêt que les ouvriers soient associés1 à leurs succès et à leur prospérité; ils cesseront, par suite, de craindre l’é-pargne, qui, si elle rend le travailleur plus indépendant de l’entrepreneur, dumoins l’intéresse directement à l’ordre et à la prospérité générale.

Ce sujet reviendra dans le livre suivant, et l’on verra de plus en plus quel’auteur n’a jamais entendu considérer la production des richesses sans la ratta-cher toujours aux intérêts véritables des producteurs. (Note de l’éditeur).