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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. - CHAPITRE XI.

CHAPITRE XI.

Des profits (le la classe savante, en particulier.

Dans l’analyse que nous avons faite des différents travaux desquels ilrésulte des valeurs, c’est-à-dire des richesses, nous avons distingué les tra-vaux des savants. En effet, lorsque dans nos opérations productives nousemployons des êtres matériels, du fer, des bois, de l’eau, qu’employons-nous? de quoi nous servons-nous? De leurs propriétés naturelles, des loisqui dérivent de leur nature. Leur nature, leur manière de sc comporter,font partie d’eux-mêmes, et c’est cela même que nous employons lorsquenous faisons usage de ces mêmes corps. Or, ce sont ces propriétés et ceslois qui sont l’objet des recherches des savants.

Nous en tirons un parti d’autant plus avantageux qu’elles sont mieuxconnues. C’est parce que nous connaissons mieux que les anciens les loisde la statique des fluides, que nous conduisons l’eau dans des réservoirsélevés, par des tuyaux qui nous dispensent de ces aqueducs, splendidesmonuments de là magnificence des Romains et de leur ignorance.

Les lois de la matière se combinent et réagissent en mille manières lesunes sur les autres; et notre industrie est d’autant plus avancée, que nousconnaissons mieux les résultats de ces combinaisons. C’est ainsi qu’aprèsavoir mesuré les différentes dilatations du cuivre et du fer par la chaleur,nous avons pu faire des pendules à compensation, et obtenir pour noshorloges un mouvement égal et constant, quelle que soit la températurede l’air.

Et qu’on ne s’imagine pas qu’il suffise aux progrès de l’industrie quel’on cultive les seules branches des sciences qui nous offrent des véritésactuellement applicables aux arts utiles. Une loi de la nature découverteet expliquée peut être sans application actuelle aux besoins de l’homme,et devenir utile plus tard. Il peut se présenter une occasion où cette loinous expliquera un inconvénient qui nous arrête, et nous fournira unmoyen de l’écarter. Il serait bien téméraire celui qui affirmerait qu'unevérité qu’on découvre ne sera jamais bonne à rien.

Pour créer des valeurs, nous n’agissons pas seulement sur des êtresinsensibles, et nous n’employons pas uniquement des propriétés maté-rielles. Nous avons de plus affaire à des hommes qui ont des besoins, des