DES PROFITS DE LA CLASSE SAVANTE.
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volontés, des passions, et qui sont soumis à des lois qui leur sont imposées,les unes par leur nature d’hommes, les autres par la société dont ils sontmembres. Pour nous guider dans nos travaux, toutes ces lois veulent êtreconnues, et pour être connues, il faut les étudier. C’est l’objet que se pro-posent les sciences morales et politiques, celles dont le but est d’étudierl’homme moral et l’homme social ; lois très nombreuses dans l’état de so-ciété, par la raison que, dans cet état, nos relations avec les hommes etavec les choses sont extrêmement multipliées. Celte étude embrasse non-seulement les lois qui dérivent de notre nature morale, de nos besoinsphysiques et de nos moyens d’y pourvoir, mais encore les lois du corpspolitique, la législation civile, la législation criminelle.
En vous parlant des lois auxquelles les hommes et les choses sont as-sujétis, remarquez, messieurs, que je n’examine point en vertu de queldroit telle ou telle loi leur est imposée, et en vertu de quel devoir ils s'ysoumettent. Le fait, et non le droit, est ce qui nous occupe ici. J’appelleloi, au physique et au moral, toute règle à laquelle on ne peut pas se sous-traire ; sans m’inquiéter de la question de savoir si elle est équitable ounon, si elle est nuisible ou bienfaisante; questions qui sont l’objet d’uneautre étude que celle qui nous occupe en ce moment'.
La connaissance de la nature des choses physiques et morales et deslois cpii en dérivent ne peut être acquise que par des observations nom-breuses, des expériences répétées, des rapprochements, des combinaisonssans fin. Tout cela exige des méditations profondes, une étude assidue.Plus les sciences s’étendent et se perfectionnent, et plus cette étude de-vient longue et pénible ; car une science ne s’étend que parce qu’elle secompose d’un plus grand nombre de faits constatés, d’un plus grand nombrede rapports observés, et d’un plus grand nombre de lois découvertes ouenregistrées dans la mémoire. Lorsque nos connaissances sont très mul-tipliées, la vie d’un homme ne suffit plus pour apprendre même un seulordre de faits et de lois; ce qui constitue une seule science. Alors un savantest considéré comme ayant bien employé son temps et ses facultés, etcomme s’étant rendu suffisamment utile à ses semblables, lorsqu’il a bienétudié une seule branche d’une seule science. Pythagore, Thalès, savaienttout ce qu’on pouvait savoir dans leur temps. Aristote a fait les meilleurs
' L’est l’objet d’un excellent ouvrage de Charles Comte. Voyez son Traitéde Léjislalton; VEspril des Lois de Montesquieu laisse beaucoup à désirersous te rapport.