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Tome II.
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DE L’INTÉRÊT DES CAPITAUX PRÊTES. 73

,sieurs années, deux cent millions de dépôts en espèces, lorsque cette|banque n’avait que cent millions de billets en émission.

Ne sonl-ce pas là des preuves que, quoiqu’il soit vrai en principe quel’industrie repose sur les capitaux et se proportionne à leur étendue, cettedonnée est trop vague pour que la doctrine métaphysique puisse en fairele fondement de calculs rigoureux? Je ne crains pas d’affirmer que lesrésultats de semblables calculs seront presque toujours démentis par l’ex-périence, dont les décisions l’emportent surtout.

CHAPITRE XIV.

| De l’intérêt des capitaux prêtés, ou de ce qu’on appelle mal à propos intérêtl{ de l'argent.

Lorsqu’un homme prend l’engagement de restituer l’objet même qu’onlui confie, ce n’est pas un emprunt qu’il fait; c’est un dépôt dont on le, charge. Ce dépôt occupe un espace, exige des soins, fait courir desrisques.Loin de devoir un loyer au déposant, c’est le déposant qui contracte uneobligation, une dette envers le dépositaire.

Quand l’objet confié peut rendre un service au déposant; quand celui-cirenonce au profit qu’il en peut tirer; quand il en abandonne l’usage audépositaire, c’est alors ce dernier qui profite du dépôt et qui en doit unloyer.

Un fabricant de bas qui, n’ayant pas assez de fonds, emprunte des mé-, tiers à tricoter, doit le loyer de cet instrument de production. L’emprunt' que Ton fait d’un capital est du même genre que l’emprunt qu’on fait d’unemachine, puisqu’un capital est un instrument dont se prive celui qui leprêle, et dont se sert celui qui l’emprunte; mais dans l’emprunt du capital,l’emprunteur ne doit rien pour la détérioration de l’instrument, puisqu’enrendant une valeur égale à la valeur qu’on lui a confiée, il rend un instru-ment aussi complet que celui qu’on lui a confié'.

Lorsqu’il s’agit d’un dépôt que le dépositaire doit rendre en nature, la

’ Voyez l ro Partie, ch. 10 de cet ouvrage (tome 1, page 12-i), sur la nature etl’emploi des capitaux , comment le capital consiste dans une valeur qui peutrésider en des choses de toute nature, pourvu qu’elles soient susceptibles d’avoirune valeur.